Publié le 14 janvier 2026 21:51:00. L’économie canadienne affiche des signes de ralentissement après une année 2025 marquée par l’incertitude, avec un léger recul du PIB en fin d’année et un marché de l’emploi qui se calme. Malgré les efforts de la Banque du Canada, la prudence reste de mise chez les ménages.
- Le produit intérieur brut (PIB) canadien a progressé de 1,5 % entre janvier et octobre 2025, mais a connu un recul de 0,3 % en octobre seul.
- Les échanges commerciaux restent volatils, avec un passage d’un léger surplus à un déficit commercial en octobre.
- Bien que 226 300 emplois aient été créés en 2025, le marché du travail montre des signes de ralentissement en décembre, avec une augmentation du taux de chômage à 6,8 %.
L’économie canadienne termine l’année 2025 sur une note mitigée. Après une croissance globale de 1,5 % entre janvier et octobre, le pays a enregistré un léger recul de son activité économique en octobre (-0,3 %). Ce fléchissement est principalement imputable à une baisse dans le secteur des services (-0,2 %) et, plus significativement, dans le secteur des biens (-0,7 %), notamment dans les domaines de la fabrication et de l’extraction de pétrole et de gaz.
Selon les estimations préliminaires de Statistique Canada, le PIB aurait également diminué en novembre (-0,1 %). Au total, la croissance économique pour les onze premiers mois de 2025 s’établirait à plus de 1,4 % par rapport à la même période de l’année précédente.
Le commerce international, pilier traditionnel de l’économie canadienne, continue d’afficher une instabilité préoccupante. En octobre, les exportations ont augmenté de 2,1 %, atteignant 65,6 milliards de dollars canadiens, tandis que les importations ont bondi de 3,4 % pour s’établir à 66,2 milliards de dollars canadiens. Ce déséquilibre a entraîné le passage d’un léger excédent commercial en septembre à un déficit en octobre.
Ces fluctuations importantes, bien que contribuant artificiellement au PIB, ne reflètent pas une amélioration durable de l’économie réelle. La demande intérieure reste modérée et les tensions commerciales avec les États-Unis, notamment les droits de douane sur l’acier, l’aluminium et l’automobile, continuent de peser sur les perspectives. Les prévisions initiales indiquent un recul des exportations pour l’ensemble de l’année 2025, tandis que les importations devraient rester stables. Cette dynamique risque d’aggraver le déficit commercial du pays et de réduire la contribution du commerce international à la croissance du PIB, une tendance qui pourrait se prolonger en 2026.
Le marché de l’emploi a, quant à lui, fait preuve d’une certaine résilience en 2025, avec la création de 226 300 emplois supplémentaires par rapport à 2024. Plus de 200 000 de ces nouveaux emplois ont été créés dans le secteur privé, tandis que le nombre de travailleurs autonomes a légèrement diminué (moins de 30 000). Cependant, cette création d’emplois a été irrégulière au cours de l’année, avec des variations mensuelles notables.
Des disparités régionales significatives persistent, et le taux de chômage a continué d’augmenter, tandis que le nombre de postes vacants a diminué. En décembre, le marché du travail a montré des signes de ralentissement, avec seulement 8 200 emplois supplémentaires par rapport à novembre et une augmentation du taux de chômage national de 0,3 point, atteignant 6,8 %.
La Banque du Canada a abaissé son taux directeur de 100 points de base au cours de 2025, le ramenant de 3,25 % en janvier à 2,25 % un an plus tard. Cependant, cette mesure n’a pas entraîné une augmentation significative de l’emprunt des ménages. Il semble que les décisions de la banque centrale aient eu un impact moindre que par le passé sur les taux d’intérêt et, par conséquent, sur l’emprunt. Les taux d’obligations à cinq ans, par exemple, sont restés relativement stables au cours des douze derniers mois.
Il est habituel que les baisses de taux d’intérêt mettent plusieurs mois avant de se traduire pleinement dans l’économie. Il y a donc encore un espoir que les réductions de taux annoncées en 2025 soutiennent l’économie réelle en 2026. Néanmoins, il faudra probablement que les autres taux d’intérêt, notamment les taux fixes, suivent le mouvement, car les ménages canadiens continuent de faire preuve de prudence malgré la baisse des taux variables.
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