Publié le 24 septembre 2025 10h15. Un studio viennois filme des scènes clés de l’opéra Le Capricieux sur le lac de Constance, combinant l’art lyrique et le cinéma pour une projection spectaculaire sur les eaux du lac.
- Le studio Draussen, spécialisé dans les publicités, s’adapte à la flexibilité du tournage d’un opéra.
- L’équipe travaille sur des scènes émotionnellement chargées, notamment les lettres d’adieu et de pardon entre Violetta et Alfredo.
- La production combine décors physiques et projections vidéo pour créer une expérience immersive pour le public.
Une trentaine de professionnels s’activent dans un studio transformé en décor d’opéra. Maquilleurs, costumiers, éclairagistes, décorateurs et acteurs travaillent de concert sous la direction du metteur en scène Damiano Michieletto. L’ambiance est à la fois concentrée et créative, avec des ajustements constants pour capturer la subtilité des émotions.
Le tournage, orchestré par le studio viennois Draussen, représenté par Christoph Schramm et Robin Uthe, diffère des habituelles productions publicitaires. « Nous tournons habituellement des publicités. Tout est méticuleusement préparé pendant des semaines – et le jour du tournage, chaque détail doit être parfaitement parfait », explique Robin Uthe. Ici, la spontanéité et l’adaptation sont de mise. « Parfois, ce n’est qu’au moment où l’on décide quel accessoire est réellement nécessaire », ajoute-t-il.
Plusieurs décors ont été aménagés : un coin salon intime, une chambre à coucher luxueuse avec un jeté doré, et la coiffeuse de Violetta, ornée d’un bouquet de lys roses frais. La direction de la production est assurée par Marie-Thérèse Hildenbrandt, qui coordonne les différents corps de métier avec calme et précision. L’attention se concentre actuellement sur les lettres échangées entre Violetta et Alfredo, moments cruciaux de l’intrigue.
Katharina Pizzera, dans le rôle de Violetta, est filmée en déshabillé devant un canapé en velours vert foncé. Elle déchire une lettre et y met le feu. L’image est immédiatement projetée sur un écran, permettant à l’équipe de visualiser l’impact de la scène sur la future projection géante sur le lac de Constance. « Il est ainsi beaucoup plus facile d’imaginer le résultat final », précise Susanna Boehm, responsable de l’équipement. Damiano Michieletto et Roland Horvath, concepteur lumière et vidéo, observent attentivement le rendu.
La patience est de mise. L’actrice reste assise, les jambes repliées, pendant de longues minutes. « Plus rapide, plus naturel ! » lance Damiano Michieletto. Entre les prises, Bea John, du département maquillage du festival, retouche le maquillage de Violetta, tandis que Gianluca Cataldo, assistant du scénographe Paolo Fantin, ajuste les accessoires. Une carafe à whisky suscite un débat : doit-elle rester ou non ? « Si on les enlève maintenant, on risque de jeter tout ce qu’on a déjà tourné », prévient Roland Horvath. Finalement, Marie-Thérèse Hildenbrandt tranche : le whisky reste.
L’après-midi est consacré à des scènes plus dynamiques. Un miroir en plexiglas incassable est installé sur la coiffeuse de Violetta. Caner Demirbag, dans le rôle d’Alfredo, doit exprimer sa colère et son désespoir en détruisant le miroir. Après plusieurs prises, le plexiglas cède légèrement sous les coups. « Bien, encore une fois », encourage Damiano Michieletto. L’odeur enivrante des lys roses embaume l’air.
Lenka Radecky, responsable du département costumes de Bregenz, travaille en étroite collaboration avec Carla Teti, la costumière de Le Capricieux. « Ce sont les costumes originaux de notre production scénique au bord du lac », explique-t-elle. Des robes et des déshabillés en dentelle et en soie, évoquant l’élégance des années 1920, sont soigneusement suspendus. L’équipe est prête à effectuer les dernières retouches avant la prochaine scène.
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