Des lettres suspectes contenant des substances potentiellement dangereuses ont été envoyées à des bureaux électoraux et à des permanences de parlementaires à travers les États-Unis à l’approche du scrutin.
L’offensive touche simultanément plusieurs États et des responsables fédéraux. Le FBI et le USPIS ont confirmé enquêter sur une série d’envois postaux visant des secrétariats d’État et des commissions électorales locales, d’après les informations rapportées par la BBC. Les autorités fédérales invitent les destinataires à manipuler ce courrier avec une extrême précaution.
Des élus et des commissions ciblés
Plusieurs parlements d’État, des commissions électorales et des bureaux de sénateurs démocrates figurent parmi les destinataires visés par ces enveloppes suspectes. À Washington, la menace dans les couloirs du Congrès s’est concentrée sur la chambre haute. Une note interne du sergent d’armes du Sénat a alerté les équipes parlementaires, signalant que des courriers contenant des substances non identifiées avaient été acheminés ou interceptés, selon les précisions de NBC New York.

Les services des sénateurs Chuck Schumer de New York, Alex Padilla de Californie, Lisa Blunt Rochester du Delaware, Kirsten Gillibrand de New York et Chris Murphy du Connecticut ont été directement ciblés. La plupart de ces courriers ont toutefois été interceptés en amont par les services postaux fédéraux. Du côté de la Chambre des représentants, aucune cible n’a été identifiée parmi les élus, mais le personnel des bureaux de district a reçu des consignes strictes de sécurité et l’invitation à utiliser des hottes de tri postal pour manipuler le courrier sans risque. Josh Sorbe, porte-parole de Chris Murphy, a indiqué à NBC News que le sénateur et son équipe n’étaient pas en danger immédiat.
Des poudres blanches détectées
Dans les administrations locales, l’ouverture de certains plis a provoqué des interventions d’urgence et des évacuations. Le bureau du secrétaire d’État de Louisiane a ainsi dû évacuer ses locaux après qu’un employé a ouvert une enveloppe contenant une poudre blanche, avant qu’une vérification policière n’écarte tout danger immédiat et ne permette la réouverture du site. Des alertes similaires ont touché la commission électorale de l’Oklahoma et le ministère des Élections du Delaware, où le personnel a appliqué les protocoles de sécurité en vigueur face à ce type de menace. Meagan Wolfe, administratrice de la commission électorale du Wisconsin, a pour sa part affirmé dans un communiqué que l’incident n’aurait aucun impact sur le scrutin général.
D’autres États ont échoué à recevoir directement les envois grâce à l’intervention des enquêteurs postaux. Le bureau du secrétaire d’État de l’Ohio, Frank Larose, a indiqué qu’un pli contenant une poudre blanche lui était destiné mais avait été intercepté par le USPIS. Le secrétaire d’État du Nebraska, Bob Evnen, a confirmé pour sa part qu’un pli suspect avait été isolé sans être ouvert avant d’être transmis au FBI. Des interceptions comparables ont eu lieu dans le New Hampshire, en Pennsylvanie, au Maryland, au Mississippi, dans le Dakota du Sud, en Géorgie et dans l’Idaho.
Plusieurs États ont déjà reçu des colis suspects
Ce mode opératoire rappelle des incidents comparables survenus lors de scrutins précédents. En 2024, des agents électoraux de 17 États, selon les données de la BBC, avaient reçu des colis suspects. Un an plus tôt, en 2023, des enveloppes contenant de la poudre blanche, et parfois des traces de fentanyl, avaient visé des bureaux de vote dans au moins cinq États, poussant certaines structures à se doter de naloxone pour parer aux risques d’overdose.

Le FBI et le U.S. Postal Inspection Service continueront de protéger le public et de garantir la sécurité des élections pour les citoyens américains.
Le FBI et le U.S. Postal Inspection Service, dans un communiqué conjoint
L’inspecteur postal adjoint Brendan Donahue a souligné qu’aucun bilan chiffré précis des plis interceptés ne pouvait être rendu public tant que les investigations restaient en cours.
L’enquête en cours
À ce stade, les agences fédérales s’attachent à identifier les auteurs des envois et à cartographier l’ensemble des destinataires. Des responsables d’élections informés de l’enquête ont évoqué le chiffre de plus de cent lettres expédiées à travers le pays à diverses personnes ou organisations, bien que ce volume global ne soit pas officiellement entériné par les autorités policières. Aucune interpellation n’a été annoncée publiquement et la provenance exacte des lettres demeure l’objet de vérifications de la part de la police fédérale.
