Home AffairesL’EUR/USD se maintient près de 1,1630 alors que les traders se préparent aux décisions de la Fed et de la BCE

L’EUR/USD se maintient près de 1,1630 alors que les traders se préparent aux décisions de la Fed et de la BCE

by Amélie Bernard

L’euro oscille dans une fourchette étroite face au dollar, à l’approche de décisions cruciales des banques centrales américaine et européenne. Les prochaines 48 heures s’annoncent déterminantes pour l’orientation de la paire de devises, alors que les investisseurs attendent des signaux sur l’évolution des taux d’intérêt.

Le marché anticipe une baisse de 25 points de base des taux d’intérêt américains, ce qui ramènerait le taux des fonds fédéraux entre 3,75 % et 4,00 %. Le taux des dépôts devrait quant à lui rester inchangé à 3,75 % pour la troisième réunion consécutive. Cette divergence de politique monétaire favorise actuellement le dollar américain (USD), l’euro (EUR) peinant à consolider ses gains malgré un support à court terme autour de 1,1620.

L’attention se concentre sur le discours du président de la Réserve fédérale, Jerome Powell. Si Powell laisse entendre de nouvelles baisses de taux en décembre, le dollar pourrait s’affaiblir, propulsant l’EUR/USD au-dessus de la zone de résistance de 1,17 à 1,1750. Un ton plus prudent, en revanche, renforcerait probablement le billet vert et ferait reculer la paire vers 1,16, voire 1,1540.

Les récentes données économiques américaines, notamment la chute de la confiance des consommateurs à 94,6 – son plus bas niveau depuis avril – et le ralentissement de la croissance de l’emploi, justifient une politique monétaire plus souple. Cependant, la Fed reste prudente face au risque d’une politique trop accommodante.

Parallèlement, la zone euro continue de faire face à une stagnation économique. La production manufacturière allemande et les indices PMI ont déçu au troisième trimestre, confirmant un scénario de croissance atone. La Banque centrale européenne (BCE), dirigée par Christine Lagarde, devrait maintenir le statu quo, adoptant une approche patiente tout en surveillant la modération de l’inflation.

L’euro bénéficie d’un rétrécissement des écarts de rendement entre les obligations américaines et allemandes – le rendement du Trésor américain à 10 ans est retombé à 4,00 %, contre 2,28 % pour le Bund allemand – mais cet écart penche toujours en faveur du dollar.

Le contexte géopolitique contribue également à la pression sur l’euro. L’optimisme concernant un éventuel accord commercial entre les États-Unis et la Chine, estimé à 350 milliards de dollars (USD), a amélioré le sentiment général et réduit la demande d’actifs refuges, favorisant ainsi le dollar. L’apaisement des tensions commerciales, notamment dans les secteurs des semi-conducteurs et des produits agricoles, renforce l’appétit pour le risque.

Sur le plan technique, l’EUR/USD reste confiné dans une fourchette de consolidation entre 1,1550 et 1,1750. La paire a récupéré la moyenne mobile exponentielle (EMA) à 9 jours à 1,1630, suggérant un léger biais haussier, mais l’élan reste modéré. Les niveaux de résistance se situent à 1,1650, 1,1685 et 1,1710, tandis que 1,1740-1,1750 constitue un plafond plus solide. À la baisse, le support clé se trouve à 1,1600, suivi de 1,1575, 1,1540 et de la zone plus profonde de 1,1470.

Les données de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) révèlent que les positions nettes longues sur l’euro ont diminué pendant trois semaines consécutives, signalant une perte de confiance parmi les fonds spéculatifs et les gestionnaires d’actifs. Les flux d’options se concentrent entre 1,16 et 1,17, indiquant une préférence pour la neutralité, tandis que la volatilité implicite sur une semaine, à 6,8 %, est au plus bas depuis un mois, suggérant des attentes d’une action limitée des prix avant la décision de la Fed.

Les marchés anticipent une fluctuation d’environ 100 points de base dans les deux sens une fois que la déclaration de Powell sera publiée. Le rapport sur l’emploi américain et les données sur l’inflation alimenteront le discours de la Fed, tandis que les enchères d’obligations allemandes à 10 ans et les chiffres préliminaires de l’inflation influenceront le ton de la BCE.

À ce stade, le sentiment reste équilibré mais fragile. Les traders misent davantage sur la divergence des politiques monétaires que sur la force des données économiques régionales. Une approche conciliante de la Fed, combinée à la prudence de la BCE, pourrait favoriser une reprise de l’euro au-dessus de 1,17, tandis que toute hésitation de Powell à s’engager sur de nouvelles baisses de taux renforcerait la domination du dollar. L’EUR/USD reste donc un marché limité, pris en étau entre un assouplissement monétaire mondial et une stagnation régionale.

Verdict : CONSERVER – L’EUR/USD devrait rester dans une fourchette comprise entre 1,16 et 1,17, en attendant la confirmation des décisions de la Fed et de la BCE avant d’établir une orientation claire.

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