Les frontières européennes vont connaître une transformation majeure dès ce dimanche : les voyageurs non européens entrant dans l’espace Schengen seront systématiquement enregistrés par la collecte de leurs données biométriques – photos et empreintes digitales – à leur arrivée. Ce nouveau dispositif, attendu depuis des années, vise à renforcer la sécurité et à mieux contrôler les flux migratoires.
À partir du 12 octobre, les ressortissants des pays tiers effectuant un court séjour dans l’Union européenne (à l’exception de Chypre et de l’Irlande) devront fournir leur numéro de passeport, se faire photographier et relever leurs empreintes digitales via des bornes automatiques. Les mêmes règles s’appliqueront aux voyageurs en provenance d’Islande, du Liechtenstein, de Norvège et de Suisse, membres de l’Espace économique européen.
Le déploiement de ce système d’entrée/sortie (EES) sera progressif. Les grands pays comme la France et l’Allemagne commenceront par un nombre limité de contrôles pour éviter d’engorger les aéroports et les gares. Le ministère français de l’Intérieur se dit confiant quant à un fonctionnement normal dès dimanche, tout en reconnaissant que la mise en place représente un « défi majeur » pour l’un des pays les plus visités au monde.
Certains États membres plus petits seront pleinement opérationnels dès ce week-end. Chaque pays de l’UE disposera jusqu’à mi-avril pour généraliser ces contrôles automatisés à l’ensemble de ses frontières.
Les voyageurs britanniques, qui ne sont plus citoyens de l’Union après le Brexit, seront également concernés par ces nouvelles formalités. Les autorités britanniques préviennent que « chaque passager » devra s’attendre à « quelques minutes supplémentaires » de contrôle à l’entrée dans l’espace Schengen. Les opérateurs du tunnel sous la Manche (Getlink) et Eurostar assurent être prêts à faire face à cette nouvelle donne, avec l’installation de terminaux dédiés à la gare de St Pancras à Londres et au port de Douvres.
L’objectif de ce système est de remplacer les tampons manuels sur les passeports et d’améliorer le partage d’informations entre les 27 États membres de l’UE. « Il s’agit d’une étape importante vers un système de gestion des frontières plus sûr et plus efficace pour l’UE », a déclaré Markus Lammert, porte-parole de l’Union européenne.
Les autorités espèrent ainsi mieux détecter les personnes qui dépassent la durée de séjour autorisée ou celles qui se voient refuser l’entrée. Par ailleurs, l’UE prévoit de lancer prochainement un document électronique d’autorisation de voyage, appelé ETIAS, similaire au système américain ESTA. Les citoyens des pays exemptés de visa devront alors remplir un formulaire en ligne et s’acquitter d’une redevance dont le montant reste à déterminer avant de se rendre dans l’UE.
Selon l’exécutif européen, l’EES « contribuera à prévenir la migration irrégulière et à protéger la sécurité de toute personne vivant ou voyageant en Europe ».
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