Publié le 23 novembre 2025 à 03h48. L’ancien président brésilien Jair Bolsonaro a été incarcéré après avoir été condamné à plus de 27 ans de prison pour avoir tenté de déstabiliser le système démocratique, une décision qui intervient après des tentatives de contourner les mesures de restriction qui lui étaient imposées.
- Jair Bolsonaro a été transféré de son assignation à résidence à la prison sur ordre de la Cour suprême.
- L’ex-président avait tenté de saboter son bracelet électronique afin de participer à un rassemblement organisé par ses partisans.
- La Cour suprême a rejeté une demande d’assignation à résidence dans le cadre de l’enquête sur la tentative de coup d’État.
La police fédérale brésilienne a arrêté l’ancien président Jair Bolsonaro, peu avant le début de son incarcération. Cette décision fait suite à une condamnation prononcée en septembre pour des tentatives de déstabilisation du système démocratique après sa défaite à l’élection présidentielle de 2022. Bolsonaro a fait appel de cette condamnation, mais la Cour suprême a estimé que le risque de fuite justifiait son incarcération immédiate.
Selon son avocat, l’ancien chef de l’État a été transféré de son domicile, où il était assigné à résidence, vers un établissement pénitentiaire. Il avait précédemment tenté de dégrader son bracelet électronique, un dispositif de surveillance électronique, dans le but de pouvoir assister à une manifestation organisée par ses partisans, a déclaré le juge en chef Alexandre de Moraes. Cette action a été interprétée comme un signe clair d’une volonté de fuir et a renforcé la décision de la Cour suprême.
Le fils de Bolsonaro, le sénateur Flávio Bolsonaro, avait appelé à une veillée nocturne devant le domicile de son père vendredi dernier. La police fédérale a toutefois mis en garde contre les risques que représente ce rassemblement, tant pour les participants que pour les services d’urgence.
Pas encore de début officiel de détention
L’incarcération ne vise pas à exécuter immédiatement la peine prononcée par le Tribunal fédéral suprême pour tentative de coup d’État, mais plutôt à « garantir l’ordre public », selon le portail d’information G1.
Dans une vidéo diffusée par le tribunal, Bolsonaro a admis avoir manipulé son bracelet électronique par « curiosité », en utilisant un fer à souder. L’appareil, gravement endommagé et portant des traces de brûlures, était cependant encore attaché à sa cheville.
Jugement pas encore définitif
Jair Bolsonaro avait été condamné en septembre à 27 ans et trois mois de prison pour atteinte à la démocratie et tentative de coup d’État. Il a fait appel de cette décision.
La Cour suprême a rejeté une demande d’assignation à résidence dans le cadre de l’enquête sur la tentative de coup d’État. L’incarcération rendant les demandes de la défense caduques, le juge fédéral de Moraes a justifié cette décision.
Activement soutenu par Trump
Bolsonaro était assigné à résidence depuis plus de 100 jours en raison de violations des conditions d’une autre procédure judiciaire, l’accusant d’avoir tenté d’impliquer les États-Unis dans une intervention visant à mettre fin aux poursuites pénales à son encontre.
Le juge de Moraes a souligné la proximité de la résidence de Bolsonaro avec l’ambassade américaine comme un facteur de risque de fuite, suggérant que l’ancien président pourrait chercher à obtenir l’asile politique.
Donald Trump, qui entretenait des relations étroites avec Bolsonaro lorsqu’ils étaient tous deux au pouvoir, a dénoncé cette procédure comme une « chasse aux sorcières ». Il a imposé des sanctions au juge Moraes et des droits de douane élevés sur plusieurs produits brésiliens importés aux États-Unis. Certains de ces droits de douane, notamment ceux sur le café et le bœuf, ont depuis été levés.
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