Publié le 15 janvier 2026 à 20h03. Un exercice naval multinational organisé par les BRICS, initialement prévu au large de l’Afrique du Sud, est devenu le théâtre de tensions diplomatiques après la participation controversée de l’Iran et des apparentes contradictions au sein du gouvernement sud-africain.
- L’Afrique du Sud a demandé à l’Iran de participer à l’exercice naval « Volonté pour la paix 2026 » en tant qu’observateur, mais un navire iranien a apparemment rejoint les manœuvres en mer.
- Des observateurs s’inquiètent d’une possible remise en question du statut commercial préférentiel de l’Afrique du Sud aux États-Unis en raison de ses liens croissants avec l’Iran.
- Des divergences internes au sein du gouvernement sud-africain, notamment au sein de la Force de défense nationale sud-africaine (SANDF), ont été mises en évidence.
L’exercice naval « Volonté pour la paix 2026 », dirigé par la Chine et actuellement en cours au Cap, a rapidement dégénéré en un imbroglio diplomatique. L’implication de l’Iran, aux côtés de la Chine et de la Russie, menace de compromettre les relations commerciales de l’Afrique du Sud avec les États-Unis, alors que la loi sur la croissance et les opportunités en Afrique doit être examinée cette semaine par la Chambre des représentants américaine. Washington pourrait être amené à inclure l’Afrique du Sud parmi les pays se voyant imposer des droits de douane de 25 % en raison de leurs liens avec Téhéran.
La situation est d’autant plus délicate que l’Afrique du Sud est critiquée pour ses relations avec l’Iran, alors que des milliers de manifestants sont réprimés dans les rues iraniennes. Le 13 janvier, avant le début de la phase en mer de l’exercice, le bureau de la présidence sud-africaine a annoncé avoir demandé aux autorités iraniennes de se retirer de la participation active et de se contenter du statut d’observateur. Il semblerait que Téhéran ait acquiescé à cette demande.
Cependant, des observateurs présents sur les quais ont constaté que la corvette iranienne IRINS Naghdi (F82) avait quitté la base navale de Simon’s Town en compagnie de navires chinois, émiratis, russes et sud-africains pour participer aux exercices en mer. Cette information a été brièvement confirmée par un message publié sur le compte Facebook de la SANDF, avant d’être rapidement supprimé. Cet incident suggère que le ministère sud-africain de la Défense et le commandement de la SANDF auraient délibérément ignoré, voire annulé, les instructions du président Cyril Ramaphosa, qui est constitutionnellement le commandant en chef des forces armées.
Cette situation de défiance au sein du gouvernement sud-africain fait suite à une série d’événements remontant à septembre dernier. Le chef d’état-major de la SANDF, le général Rudzani Maphwanya, s’était alors rendu à Téhéran pour inviter l’Iran à participer à l’exercice, une démarche qui n’avait apparemment pas été approuvée par le président Ramaphosa. Bien que M. Ramaphosa se soit opposé à cette visite, il n’a ni destitué le général Maphwanya, ni sa ministre de la Défense, Angie Motshekga, qui avait protégé le général et lui avait assuré son soutien.
L’exercice « Volonté pour la paix 2026 » a une portée militaire limitée. La phase en mer se résume à un simple exercice de navigation, sans aucune tentative de manœuvres anti-sous-marines ou anti-aériennes, ni même de simulation d’opérations d’abordage. Il s’agit principalement de renforcer les relations militaires entre des nations ayant en commun leur engagement dans des actions militaires offensives contre leurs voisins.
L’affaire reste en suspens et les observateurs continuent de surveiller la base navale de Simon’s Town pour déterminer le moment du départ des navires iraniens, leur destination et s’ils rejoindront la 104e flottille de la marine iranienne, qui a quitté Bandar Abbas en même temps que les navires participant à « l’exercice Volonté pour la paix 2026 ». Il est également peu probable que les navires russes et chinois continuent de naviguer aux côtés des navires iraniens pour participer à l’exercice annuel de sécurité maritime, qui se déroule généralement dans les eaux iraniennes au cours des trois premiers mois de l’année.

Navire de guerre chinois Tanghsan au large de l’Afrique du Sud (Forces de défense)
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