Home NouvellesL’Export-Import Bank va dépenser 100 milliards de dollars pour assurer la domination énergétique des États-Unis

L’Export-Import Bank va dépenser 100 milliards de dollars pour assurer la domination énergétique des États-Unis

by Nicolas Lefèvre

La Banque américaine d’import-export (Ex-Im) va massivement investir dans des projets énergétiques et miniers à l’échelle mondiale, notamment en Égypte, au Pakistan et en Europe, dans le cadre d’une stratégie visant à contrer l’influence de la Chine et de la Russie. Son nouveau président, John Jovanovic, annonce un déploiement de 100 milliards de dollars pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement américaines et de ses alliés.

À retenir

  • Ex-Im Bank prévoit d’investir 100 milliards de dollars (environ 93 millions d’euros) pour soutenir les exportations américaines d’énergie et de minéraux critiques.
  • L’agence se concentrera sur le gaz naturel liquéfié (GNL) et l’énergie nucléaire, ainsi que sur l’extraction de matières premières essentielles.
  • Ce changement de cap marque une rupture avec l’orientation précédente de l’agence, qui soutenait davantage les énergies renouvelables.

Contexte

Nommé en septembre, John Jovanovic a déclaré au Financial Times que l’agence gouvernementale financerait des efforts pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement américaines et alliées pour les minéraux critiques, l’énergie nucléaire et le gaz naturel liquéfié. Selon lui, l’objectif est de réduire la dépendance occidentale à l’égard de la Chine et de la Russie, dont les restrictions à l’exportation de métaux des terres rares et la crise énergétique en Europe suite à l’invasion de l’Ukraine ont mis en évidence les vulnérabilités des flux de matières premières.

Ex-Im Bank, qui avait élargi son soutien aux énergies renouvelables sous l’administration Biden, avec 1,6 milliard de dollars (environ 1,5 million d’euros) de projets d’énergie verte soutenus en 2023, opère désormais un virage stratégique. Jovanovic a souligné que l’agence était « inondée » de demandes de soutien pour le GNL américain en provenance d’Europe, d’Afrique et d’Asie.

Ce qui change

Les premiers accords conclus par Ex-Im Bank incluent une garantie d’assurance-crédit de 4 milliards de dollars (environ 3,7 milliards d’euros) pour la livraison de gaz naturel à l’Égypte par le groupe Hartree Partners, ainsi qu’un prêt de 1,25 milliard de dollars (environ 1,15 milliard d’euros) pour la mine de cuivre et d’or Reko Diq au Pakistan, exploitée par Barrick Mining. La banque a autorisé 8,7 milliards de dollars (environ 8,1 milliards d’euros) de nouvelles transactions au cours des 12 mois se terminant fin septembre, sans compter un prêt de 4,7 milliards de dollars (environ 4,3 milliards d’euros) réapprouvé en mars pour un projet de GNL au Mozambique.

Jovanovic a précisé qu’il restait 100 milliards de dollars (environ 93 millions d’euros) à déployer sur les 135 milliards de dollars (environ 125 millions d’euros) autorisés par le Congrès. L’agence est également en discussion sur plusieurs projets nucléaires en Europe du Sud, où des entreprises américaines comme Westinghouse cherchent à investir, et prévoit de financer des projets miniers d’uranium.

« Nous ne pouvons rien faire d’autre que ce que nous essayons de faire sans que ces chaînes d’approvisionnement en matières premières critiques sous-jacentes soient sécurisées, stables et fonctionnelles », a déclaré Jovanovic. « La banque est de retour en force et elle est ouverte aux affaires. »

Prochaines étapes

Ex-Im Bank s’attend à annoncer dans les prochains jours une série d’accords de fourniture de GNL d’une valeur de plusieurs milliards de dollars. L’agence travaille également sur des accords similaires à celui signé avec l’Australie en octobre, visant à diversifier les sources d’approvisionnement en minéraux critiques.

Chiffres clés

Indicateur Valeur
Investissement prévu par Ex-Im Bank 100 milliards de dollars (environ 93 millions d’euros)
Autorisations de transactions (12 mois, fin septembre) 8,7 milliards de dollars (environ 8,1 milliards d’euros)
Soutien aux projets d’énergie verte (2023) 1,6 milliard de dollars (environ 1,5 million d’euros)

Sources

Financial Times

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