Publié le 29 décembre 2025 à 23h35. Des lacs gelés aux patinoires modernes, l’histoire du hockey sur glace est riche et complexe, marquée par des évolutions constantes et des rivalités passionnées, dont les racines plongent au XIXe siècle.
- Le mot « hockey » est apparu pour la première fois en 1773 dans un livre anglais.
- Les peuples autochtones du Canada, notamment les Micmacs, pratiquaient un jeu similaire au hockey sur glace dès le XIXe siècle.
- La Coupe Stanley, le trophée le plus prestigieux du hockey, a évolué d’un simple bol en argent à un symbole convoité mesurant aujourd’hui 90 cm de haut.
Si la saison de hockey bat son plein et que les échéances internationales approchent, il est intéressant de se pencher sur les origines de ce sport emblématique. Bien que le terme « hockey » ait été mentionné pour la première fois en 1773 dans l’ouvrage anglais « Juvenile Sports and Pastimes », retracer la source exacte du sport s’avère complexe. À l’instar du football, qui présente des similitudes avec le calcio florentin ou la soule (ancêtre du rugby), des jeux précurseurs du hockey sur glace ont été pratiqués dans divers pays d’Europe et d’ailleurs.
Au Royaume-Uni, le bandy en Angleterre, le shinty en Écosse et le hurling en Irlande sont autant de disciplines apparentées au hockey moderne. Cependant, plusieurs sources suggèrent que les Micmacs, premiers habitants du Canada, jouaient déjà à un jeu de crosse et de balle sur les étendues gelées au XIXe siècle. Ce qui est certain, c’est que le hockey tel que nous le connaissons aujourd’hui s’est véritablement développé en Amérique du Nord, et plus particulièrement au Canada.
Le premier match officiel dont on a trace a été organisé en 1875 à Montréal. À cette époque, les règles étaient rudimentaires, voire inexistantes, et les protections étaient apparemment considérées comme superflues. Heureusement, dès 1890, les gardiens ont commencé à utiliser des protections de cricket pour se protéger les jambes. C’est à partir de là que la machine s’est mise en marche, même si le développement a pris du temps.
En 1877, l’Université McGill a fondé le premier club de hockey sur glace. D’autres universités ont rapidement suivi, et en 1883, la première compétition internationale, connue sous le nom de « World Championship of Hockey », a eu lieu. Il s’agissait en réalité d’une coupe entre les clubs de Montréal, mais, comme l’a noté Noah Lyles, les Nord-Américains ont tendance à exagérer leur statut de « champions du monde ».
En 1888, le gouverneur du Canada, Frederick Stanley, a assisté à un match à Montréal. Quatre ans plus tard, en 1892, il a offert un bol en argent au vainqueur, la « Dominion Hockey Challenge Cup ». Ce trophée a rapidement été renommé « Stanley Cup », un nom bien plus emblématique.
Au début du XXe siècle, les premières équipes professionnelles ont vu le jour dans le nord des États-Unis et au Canada. La concurrence était féroce, et dès que des joueurs ont pu être rémunérés, ils n’ont pas hésité à changer d’équipe, amorçant une vague de professionnalisation de part et d’autre de la frontière.
En 1909, deux dirigeants d’équipes ont créé la NHA (National Hockey Association). Pour stimuler le développement de cette ligue et renforcer l’esprit de rivalité, ils ont eu l’idée de créer une franchise dédiée aux joueurs francophones : les Canadiens de Montréal.
Avec cette nouvelle ligue, de nombreuses règles ont été modifiées : le nombre de périodes est passé de deux à trois, et les pénalités majeures et mineures ont été introduites.
Comme dans d’autres sports américains tels que le basket-ball, les équipes ont navigué entre différentes ligues, cherchant à maximiser leurs revenus et à attirer les meilleurs joueurs.
Quelques années plus tard, deux anciens joueurs ont créé une nouvelle ligue à l’ouest du Canada, la PCHA (Pacific Coast Hockey Association). Grâce à leurs contacts, ils ont réussi à recruter des joueurs de la NHA et, finalement, il a été décidé que la Coupe Stanley serait attribuée chaque année au vainqueur d’une série opposant les meilleures équipes des deux ligues. En 1915, les premières finales de la Coupe Stanley ont eu lieu entre les Sénateurs d’Ottawa et les Millionaires de Vancouver. Vancouver a remporté la victoire. Plus de 100 ans plus tard, les Millionaires sont devenus les Canucks, mais n’ont pas ajouté d’autres titres à leur palmarès.
La PCHA a été responsable de l’introduction de nombreuses règles essentielles, telles que les lignes bleues, la zone de but, le tir de pénalité et la fin de l’obligation pour les gardiens de rester debout. De plus, c’est cette ligue qui a mis en place le format des séries éliminatoires, avec l’affrontement en finale des vainqueurs de chaque conférence.
En 1917, des propriétaires de la NHA, fatigués des tensions internes, ont décidé de se séparer et de former une nouvelle ligue, excluant l’équipe de Toronto. Cette nouvelle ligue s’appelle la NHL.
En 1926, les dernières ligues dissidentes ont fait faillite, laissant le champ libre à la NHL pour se développer.
En Europe, le hockey n’a pas attendu la création de la NHL pour susciter l’enthousiasme. Des disciplines apparentées existaient déjà depuis plusieurs siècles, et des nations comme la Tchéquie, la Suède et la Russie pratiquaient ce sport depuis le début du XXe siècle.
Le hockey a rapidement été reconnu sur la scène internationale et a fait ses débuts aux Jeux olympiques en 1920 (pour les hommes) et en 1998 (pour les femmes). Ces compétitions ont donné lieu à des affrontements mémorables, comme le « Miracle sur glace » de 1980, où l’équipe américaine a créé la surprise en battant l’Union soviétique, alors considérée comme invincible.
Chaque année, les noms des joueurs de l’équipe victorieuse de la NHL sont gravés sur la Coupe Stanley. Ce trophée, qui mesurait 18 cm de haut en 1892, en fait aujourd’hui 90 cm. Mitch Marner aura-t-il un jour l’occasion de voir son nom figurer sur ce prestigieux trophée ? Quoi qu’il en soit, du jeu pratiqué sur des lacs gelés à un sport international reconnu dans le monde entier, le hockey a parcouru un long chemin, du Canada à la Suède.
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