Publié le 16 janvier 2026 à 07h52. Le nombre de tentatives d’entrée irrégulière dans l’Union européenne a connu une baisse significative en 2025, selon l’agence Frontex, en raison notamment de nouveaux accords migratoires et de l’instabilité géopolitique dans certaines régions.
- Le nombre total de passages de frontières illégaux a diminué de 26 % en 2025, atteignant près de 178 000 personnes.
- La baisse la plus marquée a été observée à la frontière entre la Turquie et l’UE, ainsi que sur la route migratoire de l’Afrique de l’Ouest vers les îles Canaries.
- Frontex met en garde contre une possible inversion de cette tendance en cas de nouvelles crises géopolitiques majeures.
L’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, Frontex, a constaté une diminution notable des arrivées de migrants irréguliers sur le territoire de l’Union européenne en 2025. Près de 178 000 personnes ont été interceptées alors qu’elles tentaient de franchir les frontières européennes sans les autorisations nécessaires, soit une baisse d’environ 26 % par rapport à l’année précédente. Ce chiffre est également inférieur de moitié au nombre total enregistré en 2023 et représente le niveau le plus bas depuis 2021.
La diminution la plus importante a été enregistrée à la frontière entre la Turquie et l’UE, avec plus de 51 000 personnes interceptées, soit une baisse de 27 % sur un an. Ces personnes étaient principalement originaires d’Afghanistan, du Soudan et d’Égypte. Parallèlement, la route migratoire de l’Afrique de l’Ouest vers les îles Canaries, qui appartiennent à l’Espagne, a vu le nombre de migrants arrivant en bateau chuter de 63 %, pour atteindre environ 17 000 personnes. Les principaux pays d’origine de ces migrants sont le Mali, le Sénégal et la Guinée.
Une baisse significative a également été constatée dans le nombre de personnes tentant d’entrer illégalement en Pologne depuis la Biélorussie, avec une diminution d’environ 37 %. L’UE accuse depuis plusieurs années la Biélorussie et la Russie de faciliter intentionnellement les passages de frontières illégaux dans le but de déstabiliser l’Union. Les personnes interceptées dans cette zone sont principalement originaires d’Ukraine et de Somalie.
Fait notable, plus de 65 000 personnes ont tenté de rejoindre le Royaume-Uni depuis l’UE en 2025, un chiffre qui n’a que très peu diminué malgré la signature d’un accord migratoire controversé entre la France et le Royaume-Uni. Ces personnes étaient principalement originaires d’Érythrée, de Somalie et d’Afghanistan.
Accords de migration
Frontex n’avance pas d’explication précise à cette baisse, mais souligne l’importance des accords migratoires conclus avec des pays situés en dehors de l’UE pour maintenir cette tendance. L’Union européenne a conclu ces dernières années des accords avec des pays tels que l’Égypte et la Tunisie en échange d’un soutien financier, ces pays s’engageant à mieux contrôler leurs propres frontières.
Cependant, Frontex met en garde contre le risque d’une « escalade géopolitique majeure » qui pourrait inverser cette tendance. L’agence cite en exemple le soulèvement contre le président Assad en Syrie et l’invasion russe de l’Ukraine en 2022 comme des événements passés ayant eu un impact sur les flux migratoires.
Les actions de Frontex sont régulièrement critiquées. L’organisation a déjà été accusée de renvoyer des migrants sans leur donner la possibilité de demander l’asile, une pratique connue sous le nom de refoulement.