Publié le 13 novembre 2025 à 09h15. Le département d’État américain a émis une alerte inhabituelle concernant la présence accrue d’ours au nord du Japon, après la fermeture temporaire d’un parc à Sapporo et de multiples observations en zones résidentielles.
- Le département d’État américain a publié une « alerte à la faune » pour les citoyens américains se trouvant dans le nord du Japon.
- Le parc Maruyama à Sapporo a été temporairement fermé suite à des observations d’ours à proximité du consulat américain.
- Le Japon connaît une augmentation significative des attaques d’ours cette année, avec au moins 13 décès et plus de 100 blessés depuis avril.
Une vigilance accrue est recommandée aux voyageurs et aux habitants du nord du Japon face à une recrudescence des rencontres avec des ours bruns et noirs, alors que ces animaux se préparent à l’hibernation et recherchent activement de la nourriture. Les observations se multiplient non seulement dans les parcs naturels, mais aussi dans des zones urbaines et périurbaines, suscitant l’inquiétude des autorités.
Le parc Maruyama, situé à Sapporo et jouxtant le consulat général des États-Unis, a été temporairement fermé en raison de la présence d’ours, a indiqué le département d’État américain. Bien que le consulat ne soit pas situé à l’intérieur du parc, une alerte a été diffusée sur les réseaux sociaux pour rappeler à tous les visiteurs de faire preuve de prudence et de rester attentifs à leur environnement. Des observations ont également été signalées dans les préfectures d’Hokkaido et d’Akita, incitant les citoyens américains à éviter de voyager seuls dans les zones à risque.
Selon l’agence de presse Associated Press, cette alerte est rare de la part du département d’État, qui se concentre généralement sur les menaces à la sécurité ou les catastrophes naturelles. Le niveau d’alerte global pour les voyageurs se rendant au Japon reste cependant au plus bas, et des précautions de base suffisent généralement.
L’augmentation des attaques d’ours est particulièrement préoccupante cette année. Les statistiques officielles font état d’au moins 13 décès et de plus de 100 blessés depuis avril, un chiffre alarmant qui dépasse les données enregistrées depuis le début des relevés en 2006. La préfecture d’Akita est particulièrement touchée, avec plus de 50 attaques signalées depuis mai, dont quatre mortelles, la plupart ayant eu lieu dans des zones résidentielles.
Des incidents récents illustrent la gravité de la situation : une femme âgée a été tuée alors qu’elle cueillait des champignons près de la ville de Yuzawa, une autre a perdu la vie en travaillant dans une ferme à Akita, et un livreur de journaux a été blessé lors d’une attaque dans la ville d’Akita. Les ours sont attirés par les zones résidentielles abandonnées et les vergers, notamment ceux plantés de kakis ou de châtaigniers, où ils trouvent une source de nourriture abondante.
Face à cette situation, le gouvernement local de la préfecture d’Akita a sollicité l’aide des Forces d’autodéfense japonaises. Les mesures traditionnelles, telles que l’installation de pièges et l’utilisation de répulsifs, se sont avérées insuffisantes. Cependant, l’armée n’a pas le pouvoir de chasser les ours, une prérogative réservée aux chasseurs agréés et aux associations de chasse locales. Les Forces d’autodéfense apporteront un soutien logistique, notamment en posant des pièges et en transportant les carcasses.
Les experts soulignent également le vieillissement de la population des chasseurs locaux et leur manque d’expérience en matière de chasse à l’ours. Ils suggèrent de former des agents de police et d’autres représentants des forces de l’ordre pour qu’ils deviennent des « chasseurs gouvernementaux » afin de renforcer les opérations de chasse. Un groupe de travail a été créé par le gouvernement japonais et devrait présenter des propositions de politiques de gestion des ours d’ici la mi-novembre, incluant des études de population, l’utilisation de systèmes d’alerte et une révision de la réglementation sur la chasse.
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