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L’Inde réorganise son régime fiscal en 2025 et la nouvelle loi informatique entrera en vigueur le 1er avril

by Nicolas Lefèvre

New Delhi, le 25 décembre 2025. L’Inde a profondément remanié son système fiscal cette année, avec des baisses significatives de la taxe sur les biens et services (TPS) et une augmentation du seuil d’exonération de l’impôt sur le revenu, dans un effort pour stimuler la consommation intérieure face à un contexte économique mondial incertain.

  • Réduction des taux de TPS sur environ 375 biens et services.
  • Augmentation du seuil d’exonération de l’impôt sur le revenu à 1,2 million de roupies (environ 14 000 €).
  • Nouvelle simplification des droits de douane en préparation pour le prochain budget.

La nouvelle loi simplifiée sur l’impôt sur le revenu de 2025 est entrée en vigueur le 1er avril, remplaçant la loi de 1961, en vigueur depuis plus de six décennies. Parallèlement, deux nouvelles lois ont été mises en place : l’une prévoit des droits d’accise supplémentaires sur les cigarettes, et l’autre, une taxe sur le pan masala, en plus des taux de TPS existants.

Ces réformes fiscales visent à dynamiser la demande intérieure, un objectif crucial dans un environnement économique mondial marqué par des incertitudes. Les autorités indiennes ont notamment réduit les taux de TPS sur environ 375 biens et services à compter du 22 septembre, allégeant ainsi le fardeau fiscal sur les produits de consommation courante et répondant à des préoccupations de longue date concernant les structures tarifaires complexes.

Une étape majeure a été la compression de la structure à quatre niveaux de la TPS (5 %, 12 %, 18 % et 28 %) en deux taux principaux (5 % et 18 %), avec un prélèvement de 40 % maintenu uniquement pour les produits du péché. Cette simplification vise à rendre le système de fiscalité indirecte plus transparent et plus prévisible, réduisant ainsi les litiges.

Les recettes de la TPS ont atteint un niveau record de 2,37 lakh crore de roupies (environ 2,7 milliards d’euros) en avril, avec une moyenne de 1,9 lakh crore de roupies (environ 2,2 milliards d’euros) pour l’exercice en cours. Cependant, les réductions de taux ont exercé une pression sur les recettes, entraînant un ralentissement de la croissance. En novembre, les recettes de la TPS sont tombées à leur plus bas niveau annuel, à 1,70 lakh crore de roupies (environ 1,9 milliard d’euros), affichant une croissance modeste de 0,7 % sur un an. Ce recul reflète l’impact complet de la réduction des taux de TPS entrée en vigueur le 22 septembre.

Sur le front de l’impôt sur le revenu, le gouvernement a relevé le seuil d’exonération, ce qui a allégé le fardeau fiscal des contribuables à revenus moyens et augmenté le revenu disponible des consommateurs. Cette mesure est perçue comme un stimulant de la consommation, en particulier pour les ménages urbains, et devrait encourager le respect volontaire du nouveau régime fiscal simplifié. Le budget de 2025 a annoncé qu’aucun impôt sur le revenu ne serait payable sur un revenu annuel de 1,2 million de roupies (environ 14 000 €) dans le cadre du nouveau régime, qui offre des taux d’imposition plus bas en échange de la renonciation aux exonérations et aux déductions.

Les taux d’imposition applicables dans ce régime sont de 5 % sur les revenus compris entre 4 et 8 lakh de roupies, 10 % (8 à 12 lakh de roupies) et 15 % (12 à 16 lakh de roupies). Un impôt de 20 % s’applique aux revenus entre 16 et 20 lakh de roupies, 25 % (20 à 24 lakh de roupies) et 30 % aux revenus supérieurs à 24 lakh de roupies.

Cependant, ces réductions d’impôts ont ralenti la collecte de l’impôt sur les sociétés entre avril et mi-décembre. L’impôt net hors sociétés (comprenant les impôts payés par les particuliers, les HUF et les entreprises) a augmenté de 6,37 % à 8,47 lakh crore de roupies (environ 9,6 milliards d’euros) entre le 1er avril et le 17 décembre, contre une croissance de 10,54 % pour la collecte nette de l’impôt sur les sociétés, à 8,17 lakh crore de roupies (environ 9,3 milliards d’euros).

Le Service des Impôts sur le Revenu a intensifié ses analyses des demandes de remboursement de grande valeur, ce qui a entraîné un ralentissement des remboursements. Les émissions de remboursement ont diminué de 14 % par rapport à l’année précédente, atteignant plus de 2,97 lakh crore de roupies (environ 3,4 milliards d’euros).

Après ces réformes majeures de la TPS et de l’impôt sur le revenu, les décideurs politiques se concentrent désormais sur la rationalisation des droits de douane. La ministre des Finances, Nirmala Sitharaman, a récemment déclaré que la simplification des douanes serait le prochain grand chantier de réforme du gouvernement, en s’inspirant des avancées réalisées en matière d’impôt sur le revenu, notamment l’évaluation sans contact et la rationalisation des taux.

Le gouvernement a progressivement réduit les droits de douane au cours des deux dernières années et prévoit de supprimer sept taux de droits de douane supplémentaires sur les produits industriels dans le budget 2025-2026, après en avoir supprimé sept en 2023-2024. Cela réduit le nombre total de tranches tarifaires à huit.

Alors que l’Inde entame une nouvelle phase de réformes fiscales, la simplification, la prévisibilité et la facilité de faire des affaires devraient rester au cœur de l’agenda politique.

« L’évolution des modèles commerciaux, l’augmentation des coûts de conformité et les goulots d’étranglement persistants en matière de procédures signalent la nécessité de passer à la prochaine phase des réformes douanières. »

Mahesh Jaising, associé et responsable de la fiscalité indirecte chez Deloitte Inde

« L’accent devrait être mis sur la numérisation de bout en bout des processus douaniers, avec une documentation uniforme, des pratiques de classification prévisibles et des dédouanements plus rapides et basés sur les risques, ce qui renforcerait la facilitation des échanges et la confiance des investisseurs. »

Rahul Shekar, partenaire mondial de Nangia en fiscalité indirecte

Le gouvernement pourrait également envisager un programme d’amnistie ponctuelle pour les litiges douaniers en suspens afin de libérer des recettes et d’alléger le fardeau des litiges.

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