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L’Indice des prix à la consommation (IPC) du mois d’Avril 2026

by Nicolas Lefèvre
Maroc : Le poids des carburants face au reflux alimentaire

L’indice des prix à la consommation (IPC) d’avril 2026 révèle des trajectoires inflationnistes contrastées entre le Maroc et le Canada. Alors que le Maroc enregistre une hausse mensuelle de 0,4 % portée par les carburants, le Canada voit son inflation annuelle grimper à 2,8 %, propulsée par une explosion des prix de l’énergie et des effets fiscaux.

Maroc : Le poids des carburants face au reflux alimentaire

Maroc : Le poids des carburants face au reflux alimentaire
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Au Maroc, la dynamique des prix pour le mois d’avril 2026 est marquée par une tension accrue sur les produits non alimentaires, compensée partiellement par une accalmie sur le front des produits de base. Selon les données du HCP, l’indice global a progressé de 0,4 % par rapport au mois précédent. Cette variation cache une réalité duale : une hausse de 1,2 % pour les produits non alimentaires contre une baisse de 0,6 % pour les produits alimentaires. Le principal moteur de cette inflation mensuelle est sans conteste le coût des carburants, qui a bondi de 21,8 %. L’effet protecteur sur le panier de la ménagère est venu des produits de la mer et des produits frais. La baisse a été particulièrement marquée pour les poissons et fruits de mer (-11,1 %), suivis du lait, du fromage et des œufs (-3,2 %), ainsi que des légumes (-1,8 %). À l’inverse, les fruits ont subi une hausse notable de 4,7 %. Sur une base annuelle, l’IPC marocain a enregistré une hausse de 1,7 % en avril 2026. L’analyse sectorielle montre que les transports ont été le poste le plus impacté avec une hausse de 8,4 %, tandis que la communication a connu une légère baisse de 0,3 %.

Canada : L’effet ciseau de l’essence et de la taxe carbone

Canada : L'effet ciseau de l'essence et de la taxe carbone
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Le scénario canadien est plus volatil. L’inflation annuelle a accéléré pour atteindre 2,8 % en avril, contre 2,4 % en mars. Comme le rapporte Statistique Canada, cette accélération est quasi exclusivement imputable aux prix de l’énergie. L’analyse des données révèle un phénomène technique lié à la fiscalité. L’élimination de la tarification du carbone en avril 2025 avait provoqué des baisses de prix à l’époque. Ce facteur ayant cessé d’influencer la variation sur 12 mois en avril 2026, il a mécaniquement exercé une pression à la hausse sur l’IPC global. Le coût des transports a été le principal vecteur de croissance. Les prix de l’essence ont bondi de 28,6 % sur un an, tandis que le mazout et les autres combustibles ont grimpé de 41,3 %. Cette envolée est attribuée à deux facteurs : l’incertitude sur l’approvisionnement liée au conflit au Moyen-Orient et le passage aux mélanges d’été, plus coûteux. Pour atténuer ce choc, le gouvernement a suspendu temporairement la taxe d’accise fédérale sur le carburant le 20 avril. Sans l’effet de l’essence, la croissance de l’IPC canadien aurait en réalité ralenti, s’établissant à +2,0 % contre +2,2 % en mars.
Indicateur (Avril 2026) Maroc (HCP) Canada (StatCan)
Variation mensuelle de l’IPC +0,4 % +0,4 % (0,3 % désaisonnalisé)
Variation annuelle de l’IPC +1,7 % +2,8 %
Poste moteur principal Carburants (+21,8 % mensuel) Essence (+28,6 % annuel)
Facteur modérateur Produits alimentaires (-0,6 %) Voyages organisés et loyers

L’inflation fondamentale : Filtrer le bruit des marchés

Comment calculer l'Indice des Prix à la Consommation (IPC) ? Les 5 étapes indispensables
Face à la volatilité extrême des prix de l’énergie et des produits frais, les banques centrales utilisent des mesures d’inflation fondamentale pour orienter leur politique monétaire. L’objectif est d’ignorer les variations transitoires pour identifier la tendance sous-jacente. La Banque du Canada utilise notamment deux outils spécifiques pour cet exercice :
  • L’IPC-tronq : Cette mesure exclut les 20 % des variations mensuelles pondérées les plus basses et les plus hautes, éliminant ainsi 40 % du panier total pour supprimer les prix extrêmes.
  • L’IPC-méd : Elle se concentre uniquement sur la variation de prix située au 50e centile de la distribution, offrant une vision du point médian de l’inflation.
Cette approche est similaire à celle appliquée au Maroc, où l’indicateur d’inflation sous-jacente — qui exclut les produits à prix volatils et les tarifs publics — a montré une stabilité relative en avril 2026, avec une hausse de seulement 0,1 % par rapport à mars et une baisse de 0,3 % par rapport à avril 2025.

Disparités géographiques et tensions régionales

Disparités géographiques et tensions régionales
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L’inflation ne frappe pas uniformément les territoires. Au Maroc, les données du HCP mettent en évidence des écarts significatifs entre les villes. La hausse la plus forte a été enregistrée à Laâyoune (+1,6 %), suivie de Tétouan et Al-hoceima (+0,9 %) et Casablanca (+0,8 %). D’autres centres urbains comme Oujda, Rabat et Errachidia ont vu leurs prix augmenter de 0,6 %. À l’inverse, certaines régions ont fait exception avec des baisses de l’indice des prix, notamment à Marrakech et Beni-Mellal (-0,4 %) ainsi qu’à Settat (-0,3 %). Ces variations locales soulignent l’impact des chaînes d’approvisionnement régionales, particulièrement pour les produits alimentaires qui, bien qu’en baisse globale, ont continué de progresser dans certains secteurs comme les fruits (+4,7 %) et les viandes (+1,6 %).

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