Une cohorte de 4 597 participants issus de la China Health and Retirement Longitudinal Study (CHARLS) permet d’évaluer l’association entre l’indice triglycérides-glucose et masse corporelle et le risque de multimorbidité cardiométabolique. Les mesures de base et cumulatives identifient un risque accru, alors que le changement à court terme apporte peu d’informations pronostiques.
La multimorbidité cardiométabolique constitue un défi majeur de santé publique. La pertinence pronostique des mesures temporelles de l’indice triglycérides-glucose et masse corporelle demeurait incertaine.
Une analyse menée en 2015 s’est penchée sur cette question. Elle a exploité les données de l’étude CHARLS pour clarifier le rôle de ces variations métaboliques.
Suivi de la cohorte CHARLS entre 2011 et 2020
L’étude a suivi un échantillon initial de 4 597 participants. L’indice de référence a été mesuré dès 2011. Les modifications dynamiques et la moyenne cumulative ont été calculées à partir des examens réalisés en 2011 et 2015. L’incidence de la multimorbidité cardiométabolique a ensuite été enregistrée au cours de la période allant de 2015 à 2020.
Sur l’ensemble de la cohorte observée, 528 participants ont développé une multimorbidité cardiométabolique. L’analyse a mis en évidence des schémas de dose-réponse linéaires pour plusieurs dimensions de cet indicateur métabolique.
Associations entre les mesures de base et les moyennes cumulatives
La valeur de base de l’indice est associée à l’apparition de la multimorbidité cardiométabolique, avec un rapport de risque par augmentation d’un écart-type s’établissant à 1,28.
La moyenne cumulative de l’indice est également associée à l’apparition de cette multimorbidité, affichant un rapport de risque de 1,25.
En revanche, le changement dynamique à court terme n’a pas montré d’association indépendante après ajustement sur les données initiales, affichant un rapport de risque de 0,96.
La valeur de repère enregistrée en 2015 est également liée à l’apparition de la maladie. La moyenne cumulative résiduelle conserve une association significative après prise en compte de cette valeur.
Limites de la valeur prédictive
Parmi les cas disposant d’un statut pathologique complet au moment du repère, 80,7 % présentaient déjà une affection sous-jacente. Les associations observées pour les mesures de base et cumulatives se sont étendues à l’ensemble des trois composants de la condition ainsi qu’aux transitions associées, qu’il y ait eu ou non acquisition d’un diabète incident.
L’amélioration de la performance prédictive validée par bootstrap est restée modeste par rapport à la valeur de repère de 2015.
Quel est l’apport exact du changement à court terme pour affiner le pronostic clinique individuel au-delà des mesures de 2011 et 2015 ?