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Ebola touche 9 200 personnes en République démocratique du Congo

L'épidémie d'Ebola en République démocratique du Congo dépasse toutes les crises sanitaires précédentes du pays, avec plus de 9 200 cas confirmés et 4 400 décès signalés en…

Ebola touche 9 200 personnes en République démocratique du Congo

L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo dépasse toutes les crises sanitaires précédentes du pays, avec plus de 9 200 cas confirmés et 4 400 décès signalés en octobre 2026. L’Ituri et le Nord-Kivu restent les épicentres d’une réponse entravée par la peur, le manque de financements et les conflits armés.

L’épidémie actuelle d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), provoquée par la souche Bundibugyo, s’impose comme la plus vaste et la plus meurtrière de l’histoire du pays. D’après un rapport, le pays a enregistré 8 978 cas confirmés de la maladie à virus Ebola, dont 4 336 décès confirmés, ce qui représente un taux de létalité de 48,3 pour cent.

D’autres institutions signalent des chiffres actualisés, le bilan global ayant franchi la barre des 9 200 cas et des 4 400 décès mi-octobre, selon les données de l’institut de santé publique national. Soixante-cinq zones de santé réparties dans sept provinces rapportent au moins un cas confirmé. L’Ituri demeure l’épicentre principal, concentrant environ 74 pour cent des cas confirmés cumulés.

Le virus poursuit son expansion géographique : l’institut de santé publique a confirmé l’apparition de cas dans une huitième province, le Nord-Ubangi, frontaie de la République centrafricaine, ce qui complexifie la tâche des autorités sanitaires.

Les enfants meurent plus de la souche Bundibugyo

Les mineurs subissent de plein fouet les répercussions de cette crise sanitaire, avec des taux de mortalité particulièrement alarmants. Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les enfants encourent un taux de létalité nettement supérieur à celui des adultes, atteignant 60 pour cent contre 40 pour cent pour ces derniers.

Ebola touche 9 200 personnes en République démocratique du Congo
Photo : The Star, Kenya

Dans le Nord-Kivu, les statistiques régionales montrent que 24 pour cent des cas confirmés concernent des enfants de moins de cinq ans, alors que les nourrissons de moins d’un an représentent 13 pour cent des contaminations dans cette même province.

L’agence des Nations unies pour l’enfance (Unicef) gère des structures d’accueil spécifiquement aménagées aux côtés des centres de traitement pour veiller sur les tout-petits isolés dont les parents sont hospitalisés. Des survivantes de la maladie reconverties en soignantes apportent un soutien quotidien pour atténuer le choc psychologique de l’isolement.

Neema Nyaloka a déclaré selon CBC : « Nous avons des enfants qui sont complètement orphelins, c’est-à-dire qu’ils ont perdu leurs deux parents. »

Au-delà du virus lui-même, la peur de la contamination paralyse l’accès aux soins de routine. Les familles évitent les centres de santé de peur d’y contracter la maladie, entraînant une hausse inquiétante des décès liés à d’autres pathologies infantiles évitables telles que la malaria, la dysenterie et les affections respiratoires.

La résistance communautaire paralyse les équipes médicales

Les équipes médicales se heurtent à un mur de scepticisme et d’angoisse au sein des communautés touchées. Heather Kerr, directrice pays du Comité international de secours (IRC) en RDC, rappelle que les ressources financières actuelles peinent à égaler celles mobilisées lors de flambées épidémiques antérieures. En 2018, à la même période, l’épidémie ne comptait que 609 cas et 370 décès.

Ebola touche 9 200 personnes en République démocratique du Congo
Photo : www.doctorswithoutborders.ca

La réticence à fréquenter les structures de soins s’explique en grande partie par la crainte de mourir en isolement, loin des siens. De nombreux malades choisissent de rester dans leurs foyers, ce qui favorise les transmissions communautaires lors des rituels de deuil et des enterrements traditionnels. Les données gouvernementales indiquent qu’au début du mois d’octobre, plus de 60 pour cent des décès survenaient en dehors des centres de traitement, tandis que plus de 70 pour cent des nouveaux cas ne figuraient pas parmi les contacts préalablement répertoriés.

Stephanie Hoffmann a indiqué d’après CBC : « Ils meurent chez eux, ce qui représente une opportunité énorme pour une transmission accrue parce qu’ils sont pris en charge par leur famille, par les membres de leur communauté. »

Pour tenter de freiner la transmission, les autorités du Nord-Kivu ont instauré des mesures strictes de limitation des déplacements et des rassemblements publics, interdisant notamment l’entrée des voyageurs en provenance d’Ituri pour une durée d’une semaine et restreignant le nombre de passagers à bord des véhicules et des motos.

L’absence d’outils prophylactiques bloque la riposte

La gravité de la situation est aggravée par l’absence d’outils prophylactiques adaptés à la souche en circulation.

Ebola touche 9 200 personnes en République démocratique du Congo
Photo : Toronto Star

La persistance des violences armées et de l’instabilité politique dans l’est du pays continue d’entraver le travail des épidémiologistes. Malgré les efforts des agents de santé de proximité qui multiplient les visites à domicile pour sensibiliser les habitants et détecter les cas précoces, la porosité des frontières et les mouvements continus de population pèsent lourdement sur les perspectives de maîtrise de l’épidémie.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.