Home MondeL’Indonésie considère les marchés des BRICS comme une nouvelle frontière pour l’expansion des exportations

L’Indonésie considère les marchés des BRICS comme une nouvelle frontière pour l’expansion des exportations

by Clara Dubois

Publié le 24 octobre 2025 05:15:00. L’Indonésie mise sur l’adhésion de nouveaux pays aux BRICS pour dynamiser ses exportations, en particulier vers l’Afrique du Sud et le Brésil, tout en bénéficiant d’un soutien financier accru pour surmonter les obstacles commerciaux.

  • L’Indonésie voit dans l’expansion du bloc BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) une opportunité de diversifier ses marchés et de renforcer ses exportations hors du secteur pétrolier et gazier.
  • L’Afrique du Sud et le Brésil sont identifiés comme des portes d’entrée stratégiques vers les marchés d’Afrique australe et d’Amérique latine, respectivement.
  • Des initiatives gouvernementales, notamment via les Centres indonésiens de promotion du commerce (ITPC) et Indonesia Eximbank (LPEI), soutiennent financièrement et techniquement les exportateurs indonésiens.

Le paysage économique mondial est en pleine mutation, avec un déplacement du centre de gravité économique vers le Sud et l’Est. L’ascension des BRICS, qui représentent collectivement plus de 40 % de la population mondiale et près d’un quart du produit intérieur brut (PIB) mondial, marque l’émergence de nouveaux pôles de croissance, historiquement dominés par les pays occidentaux. Pour l’Indonésie, cette dynamique offre de nouvelles perspectives, notamment en matière de diversification de ses marchés d’exportation.

L’Afrique, longtemps perçue comme un marché lointain et difficile d’accès, suscite un intérêt croissant. Avec 1,4 milliard d’habitants et une classe moyenne en expansion rapide, le continent africain représente un potentiel considérable. Bien que les exportations indonésiennes vers l’Afrique ne représentent actuellement que 2,4 % du total national en 2024, elles affichent une croissance régulière, notamment vers l’Afrique du Sud, l’Égypte et le Kenya.

L’Afrique du Sud, première économie d’Afrique subsaharienne et membre clé des BRICS, joue un rôle central dans cette stratégie. Son infrastructure portuaire développée en fait une plateforme idéale pour accéder aux marchés d’Afrique australe et orientale. Le gouvernement indonésien a donc intensifié sa diplomatie commerciale et sa coopération bilatérale avec les pays africains afin de libérer de nouveaux potentiels d’exportation.

Le Brésil, quant à lui, constitue une porte d’entrée vers l’Amérique latine, un marché de 212 millions de personnes et un acteur majeur dans les domaines de l’agriculture, de l’énergie et de l’industrie manufacturière. Les exportations indonésiennes vers le Brésil ont augmenté régulièrement ces dernières années, notamment pour l’huile de palme, le charbon, les pièces automobiles et le caoutchouc.

Cependant, pénétrer le marché brésilien n’est pas sans défis. Donny Tamtama, directeur du Centre indonésien de promotion du commerce (ITPC) à São Paulo, souligne que la balance commerciale de l’Indonésie avec le Brésil est déficitaire depuis 2022.

« Les importations indonésiennes en provenance du Brésil ont augmenté d’environ 17,95 pour cent, tandis que les exportations ont augmenté de 7,71 pour cent. »

Donny Tamtama, directeur de l’ITPC à São Paulo

Il met en évidence des droits d’importation élevés (entre 12 et 16 % pour les pays non membres du Mercosur), des normes et des certifications strictes, des réseaux de distribution limités, ainsi que des barrières linguistiques et culturelles.

Pour aider les entreprises indonésiennes à surmonter ces obstacles, des initiatives gouvernementales sont mises en place. Les ITPC, bureaux commerciaux relevant du ministère du Commerce, promeuvent les exportations indonésiennes, mènent des études de marché et renforcent les partenariats mondiaux. L’Indonésie dispose actuellement de plus de 20 bureaux ITPC à travers le monde, dont ceux de São Paulo et de Johannesburg.

Parallèlement, Indonesia Eximbank (LPEI), une institution financière publique relevant du ministère des Finances, apporte un soutien financier et non financier aux exportateurs. LPEI met en œuvre le programme national de financement des exportations (PEN), qui comprend des services de financement, de garanties, d’assurance et de conseil à l’exportation. Agnès Rahadian, chef du département des comptes d’intérêt national (NIA) au LPEI, explique que l’institution propose également des programmes de coaching pour les nouveaux exportateurs, un accompagnement marketing et un programme de développement des “villages d’exportation” (Desa Devisa).

« Tous ces programmes visent à préparer les entreprises, en particulier les PME, à être compétitives sur les marchés mondiaux. »

Agnès Rahadian, chef du département NIA au LPEI

En septembre 2025, LPEI avait reçu 13 700 milliards de roupies (824 millions de dollars américains) de fonds dédiés à des projets d’exportation stratégiques, dont cinq programmes bénéficient directement aux exportateurs. Le programme régional d’exportation (PKE Kawasan), doté de 2 600 milliards de roupies (environ 156 millions de dollars américains) jusqu’en 2028, est particulièrement important pour l’expansion vers des marchés non traditionnels tels que l’Afrique, l’Amérique latine et d’autres régions émergentes. D’autres programmes ciblent les PME, le financement du commerce, l’industrie des équipements de transport et le secteur pharmaceutique.

Selon Agnès Rahadian, le programme PKE Kawasan avait déjà déboursé plus de 9 500 milliards de roupies (environ 572 millions de dollars américains) en septembre 2025, soutenant les exportations vers plus de 50 pays.

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