Publié le 29 octobre 2025 18:16:00. L’industrie forestière québécoise propose une solution financièrement neutre au gouvernement fédéral pour atténuer l’impact des droits compensatoires américains sur le bois d’œuvre, alors qu’elle fait face à une conjoncture particulièrement difficile.
- Les représentants de l’industrie forestière québécoise demandent à Ottawa de compenser à hauteur de 50 % les droits compensatoires imposés par les États-Unis.
- Ils suggèrent un mécanisme de rachat des droits compensatoires futurs, financé par une sorte d’hypothèque, qui permettrait de redistribuer les sommes en cas de règlement du conflit commercial.
- Cette proposition reçoit le soutien du Bloc québécois, qui y voit un moyen pour le gouvernement de récupérer des actifs financiers.
Alors que le secteur forestier québécois traverse une période qu’ils qualifient de « tempête parfaite », des représentants de l’industrie ont présenté mercredi une proposition au gouvernement fédéral visant à amortir le choc des droits compensatoires américains sur le bois d’œuvre. L’idée maîtresse : une compensation de 50 % de ces droits pour les entreprises canadiennes.
Selon Frédéric Verreault, directeur exécutif, développement corporatif chez Chantiers Chibougamau, cette mesure permettrait de « mettre de l’eau au moulin pour inciter à maintenir les activités de production en fonction et ne pas déstructurer toute la chaîne d’approvisionnement qui conduit à la construction d’une maison ». Il a exposé cette proposition lors d’un point de presse à Ottawa.
L’industrie forestière estime que cette initiative pourrait être mise en œuvre sans coût pour le fédéral. Le mécanisme proposé repose sur un rachat, par Ottawa, d’une partie des droits compensatoires versés dans une réserve, via une forme d’hypothèque. Ces sommes seraient ensuite redistribuées aux entreprises en cas de règlement futur du différend commercial entre le Canada et les États-Unis.
M. Verreault a rappelé que lors du dernier règlement, en 2006, 80 % des sommes perçues sont revenues aux entreprises québécoises et canadiennes. Il anticipe que le gouvernement fédéral pourrait récupérer une partie des droits compensatoires versés dans la réserve lors d’un nouvel accord.
Cette proposition a trouvé un écho favorable auprès du Bloc québécois et de son chef, Yves-François Blanchet.
« La démarche de rachat des créances futures à partir des droits compensatoires, c’est l’achat d’un actif que le gouvernement fait. Donc, c’est à coût nul. »
Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois
M. Blanchet a souligné que le gouvernement non seulement récupérerait les sommes investies, car il s’agit d’un actif reconnu par les institutions financières, mais pourrait même en obtenir davantage.
Frédéric Lacroix-Couture, La Presse Canadienne
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