Installé au Centre national de supercalcul de Shenzhen, le système chinois LineShine prend la tête du classement mondial des supercalculateurs avec une puissance de 2,198 exaflops au test Linpack.
Le classement TOP500 évalue les machines à l’aide du test Linpack, qui résout de grands systèmes d’équations en précision 64 bits. Cette référence mesure la puissance brute.
D’autres indicateurs s’y ajoutent, comme le HPCG pour les simulations scientifiques, le HPL-MxP pour la précision mixte, et le Green500 pour l’efficacité énergétique.
LineShine s’impose sans carte graphique
LineShine dépasse de plus de 20 % son plus proche concurrent. Ses 13,8 millions de cœurs reposent sur des processeurs chinois LX2 d’architecture Arm, associés à un réseau propriétaire et pilotés par le système d’exploitation Kylin OS.
La machine se distingue par l’absence totale de cartes graphiques. Elle fonctionne uniquement avec des processeurs classiques, ce qui génère une consommation électrique d’environ 42 mégawatts pour une efficacité de 52 gigaflops par watt. Au test HPL-MxP, le système décroche la quatrième place avec 7,92 exaflops.
Les performances d’El Capitan, frontier et aurora aux états-unis
Le supercalculateur américain El Capitan, hébergé au Lawrence Livermore National Laboratory en Californie, se place au deuxième rang mondial avec 1,809 exaflop. Il combine 11,3 millions de cœurs à des processeurs AMD EPYC et des accélérateurs Instinct MI300A afin de réaliser des simulations sur l’arsenal nucléaire sans essais réels. Avec 60,9 gigaflops par watt, il figure parmi les machines les plus sobres.
Frontier, établi à Oak Ridge dans le Tennessee, occupe la troisième position avec 1,353 exaflop grâce à des GPU AMD MI250X. Aurora, situé à Argonne dans l’Illinois, arrive derrière avec 1,012 exaflop sur une architecture Intel, affichant une consommation de 38,7 mégawatts pour un rendement de 26 gigaflops par watt.
JUPITER représente l’Europe dans le peloton exascale
Cinquième du classement, JUPITER est l’unique machine européenne à atteindre le seuil exascale. Implantée au centre de recherche de Jülich en Allemagne, elle a été construite par Eviden pour le programme EuroHPC.
Elle intègre 4,8 millions de cœurs sur des puces NVIDIA GH200 refroidies par liquide. Sa puissance atteint exactement 1,000 exaflop pour une consommation d’environ 15,8 mégawatts.
Avec une efficacité de 63,3 gigaflops par watt, EuroHPC présente cette installation comme la machine exascale la plus sobre au monde. Plus de 120 projets exploitent déjà sa puissance pour entraîner des modèles d’intelligence artificielle et exécuter des simulations climatiques. Aucune machine française ne figure dans ce top 10, bien que le programme EuroHPC ait commandé le système Alice Recoque en France pour la fin 2027.
Le groupe italien Eni positionne deux systèmes dans le top 10
Le groupe énergétique italien Eni positionne deux systèmes dans le top 10.
Il y place la nouvelle machine HPC7 au sixième rang avec 571,5 pétaflops et des puces AMD MI300A, puis HPC6 au huitième rang avec 477,9 pétaflops. Entre les deux, le système Eagle de Microsoft Azure s’établit au septième rang avec 561,2 pétaflops et des GPU NVIDIA H100.
Le supercalculateur japonais Fugaku se maintient au neuvième rang avec 442 pétaflops et plus de 7,6 millions de cœurs Arm fournis par Fujitsu, tout en prenant la troisième place au test HPCG. Enfin, le système suisse Alps, implanté au CSCS et bâti sur la puce NVIDIA Grace Hopper, clôture le classement à la dixième position avec 434,9 pétaflops.