Home DivertissementL’influent dramaturge anglais Tom Stoppard est décédé à l’âge de 88 ans – The Irish Times

L’influent dramaturge anglais Tom Stoppard est décédé à l’âge de 88 ans – The Irish Times

by Antoine Girard

Publié le 26 septembre 2023 18:52:00. Le dramaturge britannique Tom Stoppard, connu pour son esprit brillant et ses pièces complexes mêlant philosophie, histoire et humour, est décédé à l’âge de 88 ans, laissant derrière lui un héritage théâtral considérable.

  • Tom Stoppard était un auteur prolifique, ayant écrit plus de 30 pièces de théâtre, ainsi que des scénarios pour le cinéma et la télévision.
  • Son œuvre, marquée par une érudition ludique, a influencé plusieurs générations de dramaturges et de scénaristes.
  • L’enfance de Stoppard, marquée par la fuite de sa famille face au nazisme, a profondément influencé son travail, notamment sa pièce tardive, Leopoldstadt.

Tom Stoppard, de son vrai nom Tomáš Straussler, est né en Tchécoslovaquie en 1935. Sa famille a fui l’invasion nazie en 1939, d’abord à Singapour, puis en Inde, où il a passé une partie de son enfance. Son père, médecin militaire, est mort lors de l’occupation japonaise. Après la guerre, sa mère a épousé un officier britannique, Kenneth Stoppard, qui a adopté les garçons et les a ramenés en Angleterre.

Stoppard a quitté l’école à 17 ans pour devenir journaliste au Western Daily Press à Bristol. Il s’est ensuite tourné vers l’écriture radiophonique avant de connaître le succès avec sa première pièce de théâtre, reprise à Hambourg et à la télévision britannique. C’est cependant avec Rosencrantz et Guildenstern sont morts, présentée en marge du festival d’Édimbourg en 1966 et ensuite reprise par le National Theatre de Londres, qu’il a accédé à la notoriété internationale.

Son style unique, caractérisé par des dialogues brillants, des références érudites et des juxtapositions inattendues, lui a valu une place particulière dans le paysage théâtral britannique. Il était l’un des rares auteurs à avoir donné son nom à un adjectif – « stoppardiens » – figurant dans le dictionnaire Oxford English Dictionary. Ses pièces, comme Jumpers (1972), mêlaient philosophie et gymnastique, tandis que Arcadia (1993) explorait le jardinage paysager et la théorie du chaos. Rock ‘n’ Roll (2006) associait musique rock, dissidents tchèques et poésie de Sappho.

Au-delà du théâtre, Stoppard a également travaillé pour le cinéma et la télévision, adaptant notamment La Maison de Russie de John le Carré et collaborant avec Terry Gilliam sur Brazil. Il a également participé à l’écriture du scénario oscarisé de Shakespeare in Love. Steven Spielberg l’a même sollicité à plusieurs reprises pour peaufiner des scénarios, allant jusqu’à l’appeler en pleine douche pour discuter de problèmes liés à La Liste de Schindler.

Bien que reconnu pour son talent et sa sociabilité, Stoppard était un écrivain solitaire, peu enclin aux engagements politiques de gauche de ses contemporains. Il se décrivait comme un « libertaire timide » et un « Anglais d’honneur », et était un admirateur de Margaret Thatcher. Il a reçu le titre de CBE en 1978 et a été anobli en 1997. En 2013, il a reçu le prix PEN Pinter pour sa « détermination à dire les choses telles qu’elles sont ».

Ses origines d’Europe centrale ont souvent refait surface dans son œuvre, notamment dans Every Good Boy Deserves Favor (1977), commandée par André Previn pour une interprétation avec un orchestre complet, et dans sa pièce télévisée Professional Foul, dédiée à son ami Václav Havel, alors emprisonné. Il a fallu attendre Leopoldstadt, son chef-d’œuvre tardif, pour qu’il explore pleinement l’histoire de sa famille juive viennoise, de 1899 à 1955.

Selon Simon Gray, un autre dramaturge, « c’est en fait l’une des réussites de Tom qu’on ne lui envie rien, sauf peut-être son apparence, ses talents, son argent et sa chance. Être si enviable sans être envié est assez enviable, quand on y pense. »

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