Publié le 28 novembre 2025 à 10h37. La liste des Suisses les plus fortunés, publiée par le magazine Bilanz, voit l’arrivée de nouveaux noms issus du monde de l’entreprise, tandis que certaines familles traditionnelles perdent du terrain dans le classement.
- Trois dirigeants d’entreprises de premier plan – Giovanni Caforio (Novartis), Mario Greco (Zurich) et Jan Jenisch (Amrize) – font leur entrée dans le top des plus riches.
- La famille Blocher, autrefois bien placée, n’apparaît plus parmi les dix premières fortunes suisses.
- Gérard Wertheimer, copropriétaire de Chanel, conserve la première place du classement avec une fortune estimée entre 33 et 34 milliards de francs suisses.
L’ascension rapide de certains dirigeants, comme Jan Jenisch, qui a bénéficié d’une prime exceptionnelle de 37 millions de francs suisses suite à la transformation d’Holcim en Amrize, illustre la possibilité de se hisser rapidement au sommet du classement. Giovanni Caforio, quant à lui, doit sa fortune à son passage chez Bristol Myers Squibb, et non à son rôle actuel chez Novartis.
Ces nouveaux entrants se situent dans la fourchette des 100 à 150 millions de francs suisses, bien en deçà des fortunes établies comme celle de Lindsay Owen-Jones (1 à 1,5 milliard de francs suisses) ou d’Ernst Tanner, président de Lindt & Sprüngli, dont la valeur est estimée entre 450 et 500 millions de francs suisses, malgré un ajustement à la baisse lié à son implication dans les difficultés financières de Signa Group de René Benko.
L’ensemble des 18 managers répertoriés dans le classement détient un patrimoine total de 5,7 milliards de francs suisses, un montant significativement inférieur à celui des grandes fortunes qui dominent le palmarès.
En tête du classement, les fluctuations annuelles peuvent être considérables, en raison de la forte proportion d’actifs constitués d’actions d’une seule entreprise. Une simple variation du cours de l’action peut ainsi entraîner des gains ou des pertes de plusieurs milliards de francs suisses, comme l’a illustré la baisse de 6 milliards de francs suisses de la fortune de Klaus-Michael Kühne.
La famille Blocher a également vu sa fortune diminuer en raison de la baisse du cours de l’action Ems-Chemie (14 à 15 milliards de francs suisses), bien que l’augmentation de la valeur de Dottikon ES, l’entreprise détenue par leur fils Markus, ait partiellement compensé cette perte. La famille Firmenich (9 à 10 milliards de francs suisses) a également perdu de sa valeur en raison de la baisse de la part du fabricant de parfums DSM-Firmenich.
Les familles Schindler et Bonnard grimpent à la dixième place (15 à 16 milliards de francs suisses) grâce à la forte reprise des actions du fabricant d’ascenseurs Schindler.
Selon Bilanz, les 300 personnes les plus riches de Suisse détiennent ensemble un patrimoine total de 851,475 milliards de francs suisses, un record depuis la création du classement en 1989. Plus de la moitié de ces personnes sont milliardaires. Il est important de noter que ce chiffre est une estimation, car la liste ne comprend que les fortunes identifiées par la rédaction du magazine.
Les personnes concernées ont la possibilité de contester l’évaluation de leur patrimoine et de fournir des preuves en cas de désaccord, comme le précise le magazine.
L’arrivée régulière de nouveaux noms dans le classement est également un facteur important pour maintenir l’intérêt du public. Cette année, on note l’entrée de Naguib Sawiris (300 à 350 millions de francs suisses), fils de l’entrepreneur immobilier et touristique Samih Sawiris, et de Torstein Hagen (11 à 12 milliards de francs suisses), fondateur des croisières Viking, qui a déménagé en Suisse après une augmentation des impôts dans son pays d’origine. Pietro Gussalli Beretta (2,5 à 3 milliards de francs suisses), issu de la famille propriétaire de la célèbre manufacture d’armes italienne Beretta, figure également pour la première fois dans le classement.
Iwan et Manuela Wirth-Hauser, propriétaires d’une galerie d’art contemporain, ont également diversifié leurs activités en créant un groupe de restauration et d’hôtellerie.
En raison du nombre limité de places dans le classement (300), l’entrée de nouveaux noms implique l’exclusion d’autres fortunes, comme celle de l’ancien banquier Josef Ackermann, qui ne figure plus dans la liste cette année. La relève générationnelle reste également un défi pour certaines familles de managers.
