L’incidence du cancer du sein augmente à l’échelle mondiale, mais en Italie, les taux de survie s’améliorent considérablement grâce à une détection précoce, des traitements plus efficaces et une meilleure organisation des soins. Ces progrès, confirmés par de nouvelles données présentées lors de l’ESMO 2025, offrent un espoir concret aux patientes et à leurs familles.
Au niveau national, le nombre de nouveaux diagnostics oncologiques devrait rester stable en 2025 par rapport à l’année précédente. Toutefois, une augmentation de l’incidence est observée chez les femmes de moins de 50 ans. La bonne nouvelle réside dans la diminution de la mortalité par cancer au cours de la dernière décennie, et plus particulièrement dans le domaine du cancer du sein. L’Italie affiche désormais l’un des taux de survie à 5 ans les plus élevés d’Europe, témoignant d’une amélioration des diagnostics et des parcours thérapeutiques.
« Le cancer du sein n’est plus synonyme de condamnation, et les chiffres italiens le prouvent », affirme la professeure Lucia Del Mastro, professeure titulaire et directrice de la clinique d’oncologie médicale de l’hôpital polyclinique IRCCS San Martino – Université de Gênes. « L’augmentation des taux de survie et l’amélioration de la qualité de vie sont le fruit d’un diagnostic précoce, de thérapies plus efficaces et d’une plus grande continuité des soins. Notre défi actuel est de consolider ces avancées pour toutes les femmes, sur l’ensemble du territoire. »
La couverture de la mammographie, en tant qu’examen de dépistage, a progressé au cours des cinq dernières années, compensant ainsi le retard causé par la pandémie de Covid-19 qui avait entraîné l’annulation de dizaines de milliers de rendez-vous. Cette reprise est essentielle pour permettre un diagnostic à un stade précoce, ouvrant la voie à des interventions moins invasives et à des traitements plus ciblés. Cependant, des disparités territoriales persistent. Dans certaines régions du Sud, l’accès aux soins spécialisés en chirurgie mammaire reste difficile. Réduire ces inégalités, en renforçant les unités de sein, est non seulement une question d’équité, mais aussi un facteur d’amélioration des résultats cliniques et de réduction des coûts pour la société.
« Augmenter la couverture du dépistage est la meilleure assurance-vie pour les femmes », insiste la professeure Del Mastro. « Il est impératif d’harmoniser les pratiques à l’échelle nationale : des unités de sein multidisciplinaires, dotées de ressources adéquates et proposant des parcours de soins coordonnés entre la ville et l’hôpital, permettent de réduire les complications, les rechutes et l’impact psychologique de la maladie. »
Les données présentées lors de l’ESMO 2025 mettent en lumière de nouvelles approches adjuvantes pour le cancer du sein à haut risque à un stade précoce HR positif/HER2 négatif. Pour la première fois depuis plusieurs années, une intensification du traitement, ajoutée à l’endocrinothérapie standard, a démontré un avantage significatif en termes de survie globale, ainsi qu’un contrôle durable des récidives locales et à distance.
« Les résultats concernant la survie globale en milieu adjuvant représentent une avancée majeure », souligne le professeur Michelino De Laurentiis, directeur de la structure complexe d’oncologie clinique expérimentale en sénologie à l’Institut national du cancer – Fondation Pascale de Naples. « Dans les cas HR+/HER2– à haut risque, l’ajout d’un traitement ciblé à un traitement endocrinien standard s’est avéré capable de sauver des vies à long terme. Cela prouve qu’une intensification appropriée, chez les patientes sélectionnées, peut modifier le cours naturel de la maladie. »
En pratique clinique, le risque élevé est défini par des critères clinico-pathologiques tels que l’atteinte ganglionnaire, le grade histologique, la taille de la tumeur et les indices prolifératifs. La sélection des patientes susceptibles de bénéficier d’une intensification adjuvante est désormais une pratique courante. Outre le choix thérapeutique, l’observance et la continuité des soins sont primordiales : chirurgie réalisée dans des centres spécialisés, radiothérapie moderne, endocrinothérapie bien suivie, rééducation et prise en charge psycho-nutritionnelle. C’est ainsi que les bénéfices observés dans les études se traduisent en avantages concrets pour les patientes.
« La personnalisation du traitement commence avant la thérapie, par une stratification rigoureuse des risques », souligne le professeur De Laurentiis. « Il faut ensuite mettre en place un écosystème de soins complet : centres d’expertise, observance des traitements, rééducation, soutien psycho-nutritionnel. Ce n’est qu’ainsi que les bénéfices constatés dans les études se traduiront en bénéfices réels pour les patientes. »
« La continuité des soins est un facteur clé », ajoute la professeure Del Mastro. « La patiente doit être accompagnée tout au long de son parcours, de l’intervention chirurgicale à la radiothérapie, en passant par l’hormonothérapie et les contrôles réguliers. L’observance du traitement n’est pas un détail : c’est un élément essentiel de son efficacité. »
Pour soutenir ces progrès, une politique de santé ambitieuse est nécessaire, axée sur :
- Le soutien à la prévention et le renforcement du dépistage par mammographie sur l’ensemble du territoire, avec des invitations actives et un rattrapage rapide des retards.
- Le renforcement des réseaux de soins du sein, des unités de sein multidisciplinaires, des volumes d’activité adéquats et des parcours de soins coordonnés entre la ville et l’hôpital.
- La réduction des inégalités et la réduction des disparités Nord-Sud en matière d’accès à un diagnostic et à une chirurgie de qualité.
- L’investissement dans la recherche et les études cliniques, car l’innovation en matière de traitements adjuvants montre qu’un traitement plus précoce et plus ciblé permet de sauver davantage de vies.
« La politique de santé est un multiplicateur de la science », résume la professeure Del Mastro. « Prévention, réseaux et recherche : si ces trois piliers progressent ensemble, l’Italie peut maintenir son leadership en termes de résultats et d’équité. »
« Notre message est un message d’espoir concret », conclut le professeur De Laurentiis. « Dépistage, centres spécialisés et thérapies personnalisées : avec ces piliers, de plus en plus de femmes se rétablissent ou vivent longtemps et bien avec la maladie. »
