L’Organisation des Nations unies (ONU) fête cette année son 80e anniversaire, une étape marquée par des interrogations sur son efficacité face aux crises mondiales et par une remise en question de son rôle par certains de ses principaux contributeurs financiers.
L’ONU est confrontée à des défis majeurs, notamment la guerre en Ukraine, la situation humanitaire désastreuse à Gaza et des coupes budgétaires potentielles. Ces difficultés ont ravivé les critiques, comme celles exprimées par l’ancien président américain Donald Trump lors d’une assemblée générale de l’ONU : « Quel est le but des Nations Unies ? L’ONU a un potentiel énorme, mais elle n’en est même pas proche. »
Nahal Toosi, correspondante principale aux Affaires étrangères de Politico, souligne la complexité de l’ONU, qu’elle décrit comme une « organisation d’organisations ». Si certaines agences se concentrent sur des missions techniques, comme la régulation des télécommunications, d’autres sont chargées de questions géopolitiques, où les décisions sont souvent bloquées par les vétos des grandes puissances au sein du Conseil de sécurité. « C’est comme être dans des sables mouvants », explique-t-elle.
Les États-Unis, l’un des fondateurs de l’ONU, ont réduit leur contribution financière à plusieurs programmes sous l’administration Trump, et d’autres coupes sont envisagées, notamment dans les domaines du maintien de la paix, de la migration et de la santé publique. Ces réductions pourraient compromettre des programmes essentiels, mais certains estiment qu’elles pourraient inciter l’ONU à devenir plus efficace et à se concentrer sur ses priorités.
« Il existe certainement des moyens que les Nations Unies puissent être plus efficaces, mais nous voulons faire partie de la solution, pas simplement nous plaindre et retirer des ressources », affirme Nahal Toosi. Elle met en garde contre une approche purement punitive, soulignant que l’ONU est avant tout un forum de dialogue et de coopération internationale.
Le droit de veto au Conseil de sécurité constitue un obstacle majeur à l’action de l’ONU. Des réformes ont été proposées, comme l’extension du nombre de membres permanents, mais sans étendre le droit de veto à ces nouveaux membres. « Le veto est devenu un vrai problème pour tout ce qui se fait sur le front géopolitique », constate Nahal Toosi.
L’ONU s’inscrit dans la continuité de la Société des Nations, qui n’a pas réussi à empêcher le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. L’histoire de la Société des Nations soulève des questions sur la capacité d’un tel organisme à fonctionner efficacement, en particulier si le droit de veto continue de paralyser le Conseil de sécurité. Il est essentiel, selon Nahal Toosi, de réfléchir à de nouvelles structures pour garantir que l’ONU reste un lieu pertinent pour aborder les défis mondiaux, tels que le changement climatique.
