L’or maintient sa valeur malgré une légère baisse des contrats à terme, porté par des anticipations croissantes de politiques monétaires plus souples de la part de la Réserve fédérale américaine. Les investisseurs voient dans le métal précieux un refuge stratégique face à la perspective d’une baisse des taux d’intérêt.
Les attentes concernant la Réserve fédérale ont connu une évolution notable ces derniers jours. Les investisseurs misent de plus en plus sur une réduction des taux d’intérêt dès le mois de décembre, influencés par les signaux accommodants des responsables de la banque centrale et par l’éventuelle nomination de Kevin Hassett, ancien conseiller économique de l’administration précédente, au poste de président de la Fed. Hassett est connu pour sa préférence pour des taux d’intérêt plus bas.
Cette possibilité va au-delà d’une simple question de personnel : elle suggère une poursuite de la politique monétaire accommodante jusqu’en 2025. Une baisse des taux d’intérêt réduit l’attrait des actifs générant des revenus, tels que les bons du Trésor américain, et renforce ainsi la valeur de l’or comme valeur refuge. Même si les inscriptions hebdomadaires au chômage devraient rester stables, les marchés ne devraient pas remettre en question leur conviction d’un assouplissement monétaire à venir.
La résilience de l’or s’explique davantage par l’évolution des taux d’intérêt que par les fondamentaux du marché des matières premières. Les contrats à terme restent proches de la barre des 4 200 $ (environ 4 375 €) malgré une baisse quotidienne minime de 0,1 %. Cette stabilité témoigne d’un sentiment des investisseurs devenu structurellement plus favorable. Bien que les rendements réels restent élevés, les prévisions du marché anticipent un assouplissement, une situation dans laquelle l’or a historiquement surperformé.
Le métal attire de nouveaux investissements institutionnels, tandis que les traders ajustent leurs positions en prévision de la réunion du Federal Open Market Committee (FOMC) en décembre. La dynamique récente a légèrement ralenti, ce qui renforce l’attrait de l’or en réduisant les pressions liées aux taux de change.
La sensibilité de l’or aux taux d’intérêt signifie que son évolution reste étroitement liée aux anticipations concernant les rendements des bons du Trésor et à l’orientation de la politique monétaire. Pour l’instant, les marchés semblent ignorer l’impact des chiffres hebdomadaires des inscriptions au chômage, car aucune déviation significative par rapport à la tendance n’est attendue. Les attentes de baisse des taux, reflétées par l’outil FedWatch et renforcées par le potentiel changement de leadership à la Fed, façonnent le comportement des prix des métaux précieux.
Si la Fed adopte un ton plus accommodant, l’or pourrait bénéficier de la demande des fonds négociés en bourse (ETF) et des fonds macro discrétionnaires.
La décision de la Fed en décembre sera déterminante. Dans le scénario le plus probable, les responsables de la banque centrale réduiront les taux d’intérêt ou signaleront une inclinaison claire vers un assouplissement, ce qui maintiendrait le prix de l’or au-dessus du seuil de 4 100 $ (environ 4 260 €) et pourrait tester des niveaux de résistance plus élevés. À l’inverse, si les données sur l’inflation surprennent à la hausse ou si les responsables de la Fed se montrent prudents, les rendements réels pourraient augmenter et faire baisser le prix de l’or, le conduisant à une phase de consolidation. La performance à court terme de l’or dépendra donc davantage des prévisions de taux d’intérêt que des données à venir sur le marché du travail.
Pour les investisseurs, l’or continue d’offrir une protection asymétrique dans un contexte de baisse des taux, en particulier si le dollar américain s’affaiblit ou si les responsables politiques adoptent une attitude résolument conciliante. Le principal risque pour ce point de vue réside dans un revirement des anticipations de taux, qui rétablirait l’attrait des actifs générant des revenus.
À ne pas manquer
