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« L’Orontea », Antonio Cesti – Der Opernfreund

Publié le 3 décembre 2025. L’opéra baroque d’Antonio Cesti, « L’Orontea », a fait revivre un pan méconnu de l’histoire musicale autrichienne grâce à une production inventive au MusikTheater an der Wien, portée par la vision audacieuse du…

« L’Orontea », Antonio Cesti – Der Opernfreund

Publié le 3 décembre 2025. L’opéra baroque d’Antonio Cesti, « L’Orontea », a fait revivre un pan méconnu de l’histoire musicale autrichienne grâce à une production inventive au MusikTheater an der Wien, portée par la vision audacieuse du metteur en scène japonais Tomo Sugao.

  • Le MusikTheater an der Wien a présenté une nouvelle production de « L’Orontea » d’Antonio Cesti, un opéra bouffe rarement joué.
  • La mise en scène de Tomo Sugao se distingue par son humour, sa légèreté et une certaine impertinence, intégrant des éléments contemporains.
  • L’interprétation des rôles principaux, notamment Hilary Cronin dans le rôle d’Orontea et Gabriel Díaz en Alidoro, a été saluée pour sa vivacité et son expressivité.

Antonio Cesti, compositeur italien du XVIIe siècle, occupe une place particulière dans l’histoire de la musique autrichienne. Il est notamment connu pour avoir composé « Il pomo d’oro », l’opéra le plus célèbre joué à la cour de l’empereur Léopold Ier, lui-même mélomane et compositeur amateur. Mais Cesti n’a pas seulement travaillé pour la cour impériale de Vienne ; il a également été sollicité par l’archiduc Ferdinand Charles du Tyrol à Innsbruck, où « L’Orontea » a été créé lors du carnaval de 1656. Si l’opéra se déroule dans un contexte égyptien imaginaire, il s’agit en réalité d’une œuvre bouffe pleine d’esprit et de rebondissements.

Bien que son œuvre n’ait pas connu le même engouement à Vienne que d’autres compositeurs baroques, la reprise de « L’Orontea » à l’opéra de chambre du MusikTheater an der Wien représente une occasion unique de redécouvrir Cesti. Le metteur en scène japonais Tomo Sugao, à ses débuts viennois, a apporté une touche de fraîcheur et d’humour à cette œuvre datant de 330 ans. L’ambiance générale, décontractée et festive, a même incité certains spectateurs à prendre des selfies en costumes d’époque, sans que cela ne dérange la production.

La mise en scène, signée Julia Katharina Berndt, propose un historicisme subtil, mêlant des éléments de costumes et de décors d’époque à des touches contemporaines. Le prologue, typique des opéras baroques, met en scène une compétition entre la « philosophie » et l’« amour », habillés des costumes des gondoliers vénitiens d’aujourd’hui. Cette approche décalée donne le ton d’une soirée placée sous le signe du chaos joyeux et de l’ironie.

Hilary Cronin incarne une Orontea loin des clichés de la reine sévère, mais plutôt comme une maîtresse capricieuse et amoureuse. Alexandre Stromer, dans le rôle d’un vieux fonctionnaire de cour, apporte une touche de sagesse et d’humour. Gabriel Díaz, en Alidoro, séduit par son charme et sa présence vocale. Maria Ladurner, en Silandra, est une véritable tornade, déambulant sur scène avec une énergie débordante. Johannes Wieners, dans le rôle de Corindo, finit par conquérir le cœur de Silandra, non sans une certaine gratitude.

Stephen Chaundy, en vieux boxeur intrusif, et Alexandre Stromer, en vieil ivrogne dominateur, complètent une distribution talentueuse. Ce dernier se distingue en étant le seul à chanter en allemand dans un spectacle entièrement interprété en italien.

Malgré la qualité de l’interprétation et la direction musicale compétente de Wolfgang Katschner à la tête de la société BERLIN, la soirée, d’une durée de près de trois heures, peut parfois sembler un peu longue. La musique, bien que plaisante pour son époque, manque de variations et de dynamisme, et certains passages, notamment les aigus, peuvent être fatigants pour l’oreille.

Néanmoins, la découverte de l’œuvre d’Antonio Cesti reste une expérience enrichissante pour tout amateur d’opéra. « L’Orontea » offre un aperçu fascinant d’un pan méconnu de l’histoire de la musique baroque et confirme le talent d’un compositeur injustement oublié. Le public de la première a manifestement apprécié ce spectacle turbulent et original.

Renate Wagner, 3 décembre 2025


L’Orontea
Antonio Cesti
Vienne
Opéra de chambre du MusikTheater an der Wien

Première : 2 décembre 2025

Metteur en scène Tomo Sugao
Chef d’orchestre Wolfgang Katschner
avec la société BERLIN

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À propos de l’auteur: Antoine Girard

Antoine Girard couvre la culture et le divertissement, du cinéma à la musique en passant par les séries, les livres et les arts visuels. Il cherche à éclairer les œuvres, les tendances et leur réception.