Publié le 26 novembre 2025 à 20h03. Des drones non identifiés ont survolé à plusieurs reprises des bases aériennes néerlandaises ce week-end, poussant l’armée à tenter de les intercepter, sans succès apparent. L’incident relance le débat sur la protection du territoire face à cette nouvelle menace.
Des drones inconnus ont été détectés au-dessus de la base aérienne de Volkel, qui abrite également des armes nucléaires américaines, vendredi soir. Les forces néerlandaises ont tenté de les neutraliser, mais sans résultat. Le lendemain, des vols de drones ont également été signalés au-dessus de la base aérienne d’Eindhoven, où de nouvelles tentatives d’interception ont échoué.
Lors d’un débat parlementaire mercredi soir, le ministre sortant de la Défense, Ruben Brekelmans, a révélé que ces survols n’étaient pas isolés. Il a notamment précisé que deux “vagues” de drones avaient été observées au-dessus de Volkel vendredi soir, et que plusieurs drones avaient survolé Eindhoven et Volkel à différents moments samedi soir. Dans tous les cas, les drones n’ont survolé les bases que brièvement.
Le ministre Brekelmans s’est montré discret sur les méthodes employées pour observer et neutraliser les drones, afin de ne pas révéler les capacités de défense néerlandaises à d’éventuels adversaires. Le ministère de la Défense avait indiqué lundi dans une lettre au Parlement que des moyens « électroniques » et « cinétiques » avaient été utilisés, c’est-à-dire des tentatives de brouillage et de tir sur les drones. Un habitant de la région de Volkel a affirmé avoir entendu « quatre détonations ».
L’armée néerlandaise dispose de systèmes de lutte anti-drones, comme le ReDrone de la société israélienne Elbit Systems, acquis en 2023. Ce système est capable de détecter et de perturber les drones, les rendant incontrôlables. Il a été déployé lors du sommet de l’OTAN à La Haye l’été dernier et lors du sommet de l’UE à Copenhague cet automne, ainsi qu’à Eindhoven et Volkel. « Nous ne sommes pas démunis », a insisté Brekelmans, sans toutefois expliquer pourquoi les interceptions ont échoué.
Une enquête a été ouverte par la justice et les services de renseignement (AIVD et MIVD) pour déterminer l’origine et les motivations de ces survols.
Le ministère de la Défense souhaite accélérer ses investissements dans les systèmes anti-drones et a présenté un ajustement budgétaire approuvé mercredi par la commission parlementaire de la Défense. Cet investissement concerne non seulement la protection des sites stratégiques, mais aussi la défense des unités sur le terrain. Le secrétaire d’État à la Défense, Gijs Tuinman, souhaite notamment acquérir des canons à tir rapide Skyranger 30, capables d’abattre des drones jusqu’à cinq kilomètres de distance.
Des radars de la société néerlandaise Robin Radar Systems, capables de détecter même les petits drones de loisirs, sont également prévus dans le budget, qui s’élève à entre 1 et 2,5 milliards d’euros. L’origine de certains équipements reste confidentielle, possiblement en raison de leur provenance israélienne. Malgré les questions de la députée Kati Piri, le ministre Brekelmans n’a pas souhaité fournir d’informations supplémentaires à ce sujet.
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