Publié le 2024-05-02 14:35:00. L’OTAN étudie une réponse plus offensive face à la guerre hybride menée par la Russie, notamment en mer Baltique et dans le cyberespace, face à une situation où l’alliance se sent désavantagée par ses propres contraintes légales et éthiques.
- L’OTAN envisage des mesures plus agressives ou proactives, allant jusqu’à des frappes préventives, pour contrer les actions de la Russie.
- La mission de surveillance en mer Baltique a permis de réduire significativement les incidents de sabotage de câbles sous-marins.
- Les contraintes juridiques et éthiques de l’OTAN sont perçues comme un handicap face à la Russie, qui opère avec moins de restrictions.
Le chef du Comité militaire de l’OTAN, Giuseppe Cafu Dragoni, a révélé que l’alliance étudie une intensification de sa réponse à la guerre hybride, attribuée en partie à la Russie. Cette réflexion intervient alors que l’Europe est confrontée à une série d’incidents, allant de la coupure de câbles sous-marins en mer Baltique à des cyberattaques à travers le continent.
Interrogé par le Financial Times, le général Dragoni a déclaré :
« Nous étudions tout… sur le terrain. En matière de cybersécurité, nous avons tendance à réagir. »
Giuseppe Cafu Dragoni, chef du Comité militaire de l’OTAN
Il a précisé que l’OTAN envisage désormais de passer d’une posture réactive à une approche plus proactive et agressive. Selon lui,
« Une frappe préventive peut être considérée comme une mesure défensive. »
Giuseppe Cafu Dragoni, chef du Comité militaire de l’OTAN
, tout en reconnaissant que cette option s’éloigne des pratiques habituelles de l’alliance.
Dragoni a souligné les difficultés rencontrées par l’OTAN en raison de ses propres règles :
« Être plus agressif que l’agressivité de la partie adverse peut être une option. Les problèmes sont le cadre juridique, le cadre judiciaire, qui fera cela ? »
Giuseppe Cafu Dragoni, chef du Comité militaire de l’OTAN
Il a admis que l’OTAN et ses membres sont soumis à des contraintes plus importantes que leurs adversaires en raison de considérations éthiques, juridiques et de juridiction.
La mission “Surveillance de la Baltique”, déployée par l’OTAN, a déjà démontré son efficacité. Grâce à des patrouilles menées par des navires, des avions et des drones navals, les incidents de sabotage de câbles sous-marins ont diminué en 2023 et 2024, notamment grâce à la neutralisation d’activités liées à une flotte russe agissant en marge des sanctions occidentales. Dragoni a affirmé :
« Depuis le début de la mission de surveillance de la Baltique, rien ne s’est produit. Cela signifie que cette dissuasion fonctionne. »
Giuseppe Cafu Dragoni, chef du Comité militaire de l’OTAN
Un diplomate balte a mis en garde contre une approche uniquement réactive, estimant qu’elle encourage la Russie à poursuivre ses actions. Il a déclaré :
« Si nous ne faisons que continuer à interagir, alors nous invitons la Russie à continuer d’essayer et de nous faire du mal, en particulier lorsque la guerre hybride est asymétrique – cela leur coûte peu et cela nous coûte cher. Nous devons essayer d’être plus innovants. »
L’OTAN doit donc trouver un équilibre entre la nécessité de se défendre et le respect de ses propres principes, tout en évaluant les risques et les avantages d’une approche plus offensive face à la guerre hybride.
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