Publié le 18 janvier 2026, 22h40. La tension monte entre l’Union européenne et les États-Unis à la veille du Forum économique mondial de Davos, où les dirigeants tenteront de désamorcer une crise commerciale potentielle et de trouver un terrain d’entente sur des dossiers géopolitiques majeurs, dont la guerre en Ukraine.
- Donald Trump menace d’imposer des droits de douane de 10 % sur les produits importés de huit pays européens.
- L’Union européenne se prépare à activer son outil anti-coercition, surnommé le « bazooka », en réponse à ces menaces.
- Des contre-mesures d’une valeur de 93 milliards d’euros, précédemment approuvées, sont sur le point d’être réactivées.
Les relations transatlantiques sont au plus bas alors que le président américain intensifie sa pression sur ses alliés européens. La menace de droits de douane, annoncée le 26 janvier, vise le Danemark, la Norvège, la Suède, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande. Washington accuse ces pays de mettre en péril la sécurité américaine, notamment en Arctique, et exige des concessions.
Les pays européens ont réagi en commun, réaffirmant leur engagement envers la sécurité dans l’Arctique et dénonçant les menaces tarifaires comme une escalade dangereuse. Ils se disent prêts à défendre leur souveraineté et à maintenir une position unie face à la pression américaine. Selon une source européenne, les ambassadeurs de ces huit pays se sont réunis hier pour discuter des options de réponse et préparer une stratégie de négociation.
Parallèlement, la question de l’Ukraine plane sur les discussions. Le risque que Donald Trump utilise le soutien à Kiev comme levier de négociation avec l’Europe est une source de préoccupation majeure. Le président du Conseil européen, António Costa, a d’ores et déjà convoqué un sommet extraordinaire jeudi soir pour permettre aux dirigeants européens de réagir rapidement à l’évolution de la situation à Davos.
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a exprimé ses préoccupations à Donald Trump lors d’un appel téléphonique, lui faisant part de son désaccord avec l’imposition de droits de douane aux alliés. Le Canada envisage également de manifester sa solidarité avec le Danemark en envoyant des soldats au Groenland.
L’Union européenne a suspendu l’application de contre-mesures commerciales d’une valeur de 93 milliards d’euros, approuvées le 24 juillet dernier, dans l’attente d’un accord avec les États-Unis. Cette suspension est toutefois remise en question et pourrait être levée après le 1er février si aucune solution n’est trouvée. Une source diplomatique souligne qu’il existe un consensus au sein de l’UE pour défendre ses intérêts économiques et sécuritaires.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également réaffirmé la détermination de l’UE à protéger ses intérêts stratégiques. Elle a eu des échanges avec plusieurs dirigeants européens, dont Emmanuel Macron, pour coordonner une réponse commune. Un podcast revient sur les tensions autour du Groenland et la situation en Ukraine.
