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L’outil de sécurité par défaut d’Android ne parvient pas à détecter la plupart des applications de stalkerware

Publié le 7 novembre 2025 à 09h36. Une étude récente révèle que les outils de sécurité intégrés à Android sont largement insuffisants pour détecter les logiciels espions, laissant les utilisateurs particulièrement vulnérables aux abus et à la surveillance…

L’outil de sécurité par défaut d’Android ne parvient pas à détecter la plupart des applications de stalkerware

Publié le 7 novembre 2025 à 09h36. Une étude récente révèle que les outils de sécurité intégrés à Android sont largement insuffisants pour détecter les logiciels espions, laissant les utilisateurs particulièrement vulnérables aux abus et à la surveillance numérique, notamment dans le contexte des violences conjugales.

  • Seule une solution antivirus sur 13 testées a détecté 100 % des logiciels de harcèlement.
  • Google Play Protect, la protection native d’Android, affiche un taux de détection alarmant de seulement 53 %.
  • Les alertes génériques émises par la plupart des antivirus ne permettent pas aux victimes d’identifier clairement la nature de la menace.

Des tests rigoureux menés par l’Electronic Frontier Foundation (EFF), une organisation de défense des droits numériques, et AV-Comparatives, une société spécialisée dans l’évaluation des logiciels de sécurité, mettent en lumière de sérieuses lacunes dans la capacité des applications antivirus pour Android à identifier les logiciels de harcèlement, également appelés stalkerware. Certains produits populaires se montrent incapables de détecter près de la moitié des logiciels espions testés, exposant ainsi les utilisateurs à des risques considérables.

L’évaluation, réalisée entre août et septembre 2025, souligne que si certains fournisseurs ont amélioré leurs performances, d’autres laissent encore les utilisateurs vulnérables à la surveillance et aux abus. Ces logiciels, souvent présentés comme des outils de contrôle parental ou de surveillance des employés, permettent de suivre secrètement les SMS, les appels, la localisation, les photos et l’utilisation des applications d’une personne. Leur utilisation est particulièrement préoccupante dans les cas de violence conjugale, où ils servent à contrôler et harceler les victimes.

L’installation de ces logiciels nécessite généralement un accès physique à l’appareil de la victime, après quoi ils se dissimulent, transmettent les données collectées à un serveur distant et résistent souvent aux tentatives de désinstallation. Les entreprises qui développent ces outils exploitent des zones grises juridiques, où la vente de tels logiciels peut être légale dans certaines juridictions, même si leur installation sans consentement est illégale. Elles incluent souvent des clauses de non-responsabilité suggérant que l’acheteur doit informer le propriétaire de l’appareil, mais leur conception même est axée sur la discrétion.

Des incidents de sécurité antérieurs, impliquant des applications telles que SpyX, Cocospy et Spyic, ont également révélé des fuites de données collectées, ajoutant une dimension supplémentaire de cybersécurité au problème.

Google Play Protect en difficulté

Le test conjoint de l’EFF et d’AV-Comparatives a évalué 13 solutions de sécurité mobile face à 17 échantillons de logiciels de harcèlement réels. Malwarebytes s’est distingué en étant la seule solution à détecter 100 % des cas de test. Bitdefender, ESET, Kaspersky et McAfee ont suivi avec un taux de détection de 94 %.

En revanche, Google Play Protect, la solution de sécurité intégrée à Android, n’a détecté que 53 % des échantillons, obtenant ainsi le score le plus bas de tous les produits testés. Trend Micro et G Data ont également affiché des performances inférieures, avec des taux de détection de 59 % et 65 % respectivement.

Résultats des tests de détection
AV-Comparatives

L’ étude de 2025 révèle une amélioration des taux de détection par rapport aux tests similaires de 2020 et 2021. Cependant, AV-Comparatives met en garde contre l’étiquetage générique des menaces et les notifications inadéquates aux utilisateurs, qui peuvent laisser les victimes dans l’ignorance du danger ou de la manière de s’en protéger efficacement.

Les chercheurs ont constaté que de nombreuses applications testées étaient en réalité des versions modifiées du même code source, ce qui témoigne d’un écosystème en déclin, mais toujours présent. Ils suggèrent que cette perte de diversité pourrait être liée à la pression réglementaire ou à l’essor des dispositifs de suivi physiques, tels que les Apple AirTags, de plus en plus utilisés dans des scénarios de harcèlement.

Au-delà de la simple détection, le test a évalué la manière dont chaque produit signalait les menaces. Des avertissements clairs et précis peuvent aider les victimes à comprendre le danger, tandis que des alertes vagues comme « Application potentiellement indésirable » ou « Menace détectée » ne permettent pas de saisir la gravité du risque. Seule Kaspersky a averti les utilisateurs qu’une suppression immédiate du logiciel espion pourrait alerter l’agresseur, un élément de sécurité crucial souvent négligé par les autres fournisseurs.

Exemples d’alertes de stalkerware
AV-Comparatives

Aucune des applications testées n’a supprimé automatiquement les logiciels de harcèlement (ce qui est positif, car cela pourrait provoquer des représailles), mais le manque de canaux de notification sécurisés, tels que des alertes par e-mail, constitue un autre risque. Dans les situations où l’agresseur surveille l’écran de la victime, les alertes intégrées à l’application pourraient l’avertir involontairement.

Si vous pensez être victime de stalkerware, il est conseillé d’utiliser une application de sécurité mobile dotée de capacités de détection éprouvées et de ne pas se fier uniquement à la protection Play Protect par défaut d’Android.

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À propos de l’auteur: Thomas Caron

Thomas Caron couvre les technologies, les sciences, l’intelligence artificielle et l’innovation. Il explique les nouveautés sans jargon inutile et distingue les annonces spectaculaires des avancées réellement établies.