Publié le 20 octobre 2025 à 20h40. Le président américain Donald Trump a proposé un gel du front ukrainien, une initiative qui suscite des réactions contrastées en Europe, notamment de la part de Kaja Kallas, chef de la politique étrangère de l’Union européenne, qui appelle à maintenir la pression sur la Russie.
- Donald Trump propose de geler la ligne de front en Ukraine, notamment dans la région du Donbass.
- Kaja Kallas estime qu’il faut maintenir la pression sur la Russie et non sur l’Ukraine.
- L’Union européenne prépare un nouveau paquet de sanctions contre la Russie.
La proposition de Donald Trump de geler le conflit en Ukraine, en acceptant de facto une division du territoire, a suscité des réactions immédiates en Europe. Après une réunion avec les ministres des Affaires étrangères des États membres de l’UE, Kaja Kallas a exprimé son désaccord avec une approche qui, selon elle, récompenserait l’agresseur.
« Faire pression sur la victime n’est pas une bonne approche, surtout en termes de sécurité européenne et mondiale. Parce que lorsque l’agressivité s’avère payante, c’est une invitation à l’utiliser ailleurs », a déclaré Kaja Kallas, soulignant les risques d’un tel précédent.
Selon elle, la pression doit être maintenue sur la Russie pour l’inciter à mettre fin à la guerre. « Nous soutenons tous les efforts du président Trump pour mettre fin à la guerre, mais Vladimir Poutine ne négociera sérieusement que s’il estime qu’il est en train de perdre », a-t-elle ajouté.
Dans ce contexte, l’Union européenne confirme son intention de renforcer les sanctions contre la Russie. Un 19e paquet de sanctions devrait être approuvé d’ici la fin de la semaine, et la planification d’un 20e paquet a déjà été lancée.
Zelensky : Conversation positive avec Trump
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié de « positive » sa conversation avec Donald Trump, notamment concernant la proposition de gel de la ligne de front, selon l’agence de presse AP. Il a précisé que leur rencontre à la Maison Blanche vendredi dernier s’était déroulée de manière constructive, sans pour autant commenter les informations faisant état d’une atmosphère tendue.
« Nous partageons les perspectives positives du président Trump si cela conduit à la fin de la guerre »
Volodymyr Zelensky, président ukrainien
Zelensky a toutefois rejeté la proposition du Kremlin, formulée par Vladimir Poutine, de céder les régions de Kherson et de Zaporizhzhia en échange d’un abandon complet des régions de Donetsk et de Louhansk. « Nous voulions comprendre exactement ce que voulaient dire les Russes. Jusqu’à présent, il n’y a pas de position claire », a-t-il déclaré.
Carte de l’Ukraine et de la Russie, hachurée claire : territoires occupés par la Russie
Malgré ces divergences, Zelensky estime que les parties se rapprochent d’une possible fin du conflit. « Cela ne veut pas dire que cela va définitivement prendre fin, mais le président Trump a accompli beaucoup de choses au Moyen-Orient », a-t-il souligné, espérant que cette dynamique puisse également conduire à une résolution de la guerre en Ukraine. Il se montre optimiste quant à une éventuelle rencontre entre Trump et Poutine à Budapest, qui pourrait ouvrir la voie à un accord de paix.
Le Kremlin est prudent
Le Kremlin, cependant, se montre prudent et demande des clarifications avant le sommet envisagé. « Il reste encore beaucoup de travail à faire », a déclaré le porte-parole du gouvernement russe, Dmitri Peskov, cité par l’agence de presse Tass. Il a souligné la nécessité pour les ministères des Affaires étrangères des deux pays de clarifier un certain nombre de questions en suspens.
Peskov a réaffirmé que la position de la Russie n’a pas changé, sans entrer dans les détails. Moscou revendique au moins les territoires qu’elle contrôle actuellement, y compris les zones du Donbass que l’Ukraine continue de détenir. L’annexion du Donbass, en violation du droit international, a été intégrée à la constitution russe. Le Kremlin continue de rejeter les appels à un cessez-le-feu inconditionnel.
Zelensky a également indiqué que, selon Trump, Poutine maintient son exigence que l’Ukraine renonce complètement aux régions de Donetsk et de Louhansk. Il a précisé qu’il n’avait pas encore été invité au sommet de Budapest, mais qu’il serait prêt à y participer si le format de discussion était équitable pour Kiev.
Avec les informations de Sabrina Fritz, ARD Bruxelles.
Sur le même sujet
- La Russie a abattu un drone portugais au-dessus de la mer Noire
- Thaïlande : Un Enfant de 8 Ans Tué par une Méduse Venimeuse à Phuket
- Vers une nouvelle escalade commerciale? La Chine répond aux sanctions de Donald Trump par des "contre-mesures" et place des entreprises américaines sur liste noire (lederniereheure.com)