Publié le 13 décembre 2025 à 13h54, mis à jour le 14 décembre 2025 à 09h16. La Finlande est placée sous surveillance budgétaire accrue par l’Union européenne en raison d’un déficit public supérieur aux normes fixées, mais le gouvernement actuel ne sera pas contraint de nouvelles mesures d’austérité immédiates grâce à une dérogation liée aux dépenses de défense.
- La Commission européenne a recommandé à la Finlande de réduire son déficit public à moins de 3 % du PIB d’ici fin 2028.
- Helsinki bénéficiera d’une exception concernant les dépenses militaires, qui ne seront pas prises en compte dans le calcul du déficit jusqu’en 2028.
- Le prochain gouvernement, issu des élections de printemps 2027, sera principalement chargé de mettre en œuvre les ajustements budgétaires requis.
La Commission européenne a annoncé ce vendredi que la Finlande sera soumise à une procédure de déficit excessif (PDE), une surveillance renforcée de ses finances publiques. Cette décision fait suite au dépassement du seuil de déficit de 3 % du PIB autorisé par l’UE. La ministre des Finances, Riikka Purra, a indiqué que le pays s’engage à poursuivre ses efforts d’ajustement et à rendre compte de ses mesures à Bruxelles.
« Nous poursuivrons nos efforts en cours pour ajuster les finances publiques et rendrons compte des mesures que nous prenons à l’UE. »
Riikka Purra, ministre des Finances (Finlandais)
Selon les prévisions de la Commission, le déficit finlandais atteindra 4,5 % du PIB cette année, puis diminuera à 4 % en 2026 et à 3,9 % en 2027. Malgré ces améliorations prévues, le pays doit donc encore faire des efforts considérables pour respecter les règles européennes.
Riikka Purra a exprimé sa confiance dans la capacité de la Finlande à respecter les exigences de l’UE pour 2026 et « très probablement » pour 2027, grâce aux mesures déjà prises. Cependant, c’est le gouvernement qui prendra ses fonctions après les élections de printemps 2027 qui devra assumer la plus grande partie du fardeau de l’ajustement budgétaire.
La procédure de déficit excessif implique que l’UE définit des mesures correctives et fixe un calendrier pour leur mise en œuvre. En cas de non-respect de ces recommandations dans un délai de six mois, le Conseil de l’Union européenne peut imposer des sanctions financières, pouvant atteindre 0,05 % du PIB de l’année précédente.
Une particularité de la situation finlandaise réside dans l’exception accordée pour les dépenses de défense. En raison de l’augmentation des investissements dans ce secteur, le gouvernement actuel ne sera pas soumis à de nouvelles exigences de réduction des dépenses avant 2028. Après cette date, les dépenses militaires seront à nouveau prises en compte dans le calcul du déficit.
La Commission européenne recommande que les dépenses nettes de la Finlande n’augmentent pas de plus de 1,3 % en 2026, de 1,5 % en 2027 et de 1,8 % en 2028.
La confirmation officielle du placement de la Finlande sous surveillance sera effectuée en janvier par le Conseil des affaires économiques et financières (Ecofin), qui réunit les ministres des Finances de tous les États membres. La Finlande devra ensuite présenter un plan budgétaire détaillé d’ici fin avril, afin de démontrer sa capacité à respecter la trajectoire de dépenses fixée par l’UE. Elle devra également rendre compte de ses décisions de politique budgétaire à la Commission tous les six mois.