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L’UE impose des droits de douane sur les « colis à bas prix » ciblant les centres commerciaux chinois… La France déclare la guerre à Shein

L'Union européenne durcit la réglementation sur les petits colis en provenance de l'étranger, visant notamment les géants chinois du commerce en ligne. La France, particulièrement préoccupée par les pratiques de la marque de fast fashion Shein, va plus…

L’UE impose des droits de douane sur les « colis à bas prix » ciblant les centres commerciaux chinois… La France déclare la guerre à Shein

L’Union européenne durcit la réglementation sur les petits colis en provenance de l’étranger, visant notamment les géants chinois du commerce en ligne. La France, particulièrement préoccupée par les pratiques de la marque de fast fashion Shein, va plus loin en préparant des sanctions nationales.

Les ministres des Finances européens se sont accordés, le 13 mars à Bruxelles, à supprimer les exonérations fiscales pour les colis de moins de 150 euros (environ 255 000 wons) provenant de pays tiers. Cette mesure, initialement prévue pour mi-2028, sera mise en œuvre dès le premier trimestre de l’année prochaine. Parallèlement, de nouveaux frais de douane seront établis pour ces mêmes colis, dans les meilleurs délais. L’accord devra encore être validé par le Parlement européen.

Cette décision marque une volonté de freiner l’afflux de produits chinois à bas prix via des plateformes comme Alibaba, Temu et Shein. En 2023, 4,6 milliards de petits colis ont été livrés en Europe, dont 91 % en provenance de Chine. Cette situation suscite des inquiétudes croissantes parmi les entreprises et les industriels européens.

Les produits chinois, souvent fabriqués sans respecter les normes environnementales et sociales européennes, sont vendus à des prix défiant toute concurrence, menaçant la pérennité des commerces de proximité. Le nombre d’utilisateurs de Temu dans l’UE a atteint 115,7 millions au cours du premier semestre 2024, illustrant l’attrait grandissant pour ces plateformes.

Outre les préoccupations liées aux conditions de production et à l’impact environnemental (émissions d’hormones, microplastiques, utilisation excessive d’emballages), l’attention se concentre désormais sur les pratiques commerciales de certaines entreprises. En France, Shein est particulièrement visée.

L’ouverture, le 5 avril, du premier magasin physique de Shein au sein du grand magasin BHV Marais à Paris a déclenché une vive polémique. Des manifestants ont dénoncé une « guerre » contre la mode française et l’impact négatif de Shein sur l’environnement. Emmanuel Grégoire, candidat socialiste aux élections municipales de Paris, a qualifié cette ouverture de « contrat avec le diable », estimant qu’elle ne garantissait pas un modèle de développement durable.

Le ministère français de l’Intérieur a même saisi la justice, le 5 avril, pour tenter de bloquer l’accès au site web de Shein, invoquant des « violations répétées et systématiques de la loi causant de graves dommages à l’ordre public ». Une audience est prévue le 26 avril. Les douanes françaises ont également déployé des équipes à l’aéroport Paris Charles de Gaulle pour inspecter minutieusement les colis Shein, à la recherche de produits illégaux ou dangereux.

« Les premiers résultats de l’enquête révèlent déjà des produits inadaptés et illégaux », a déclaré Amélie de Montchalin, ministre française des Comptes publics. Le gouvernement devrait présenter les conclusions de cette enquête lors de l’audience du 26 avril, afin de justifier des sanctions potentielles. Par ailleurs, le parquet de Paris a ouvert quatre enquêtes concernant des plateformes chinoises, dont Shein, en lien avec la vente de poupées à caractère sexuel.

Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a adressé un avertissement clair à Shein dans une interview accordée à France Info : « L’arsenal (de sanctions) continue de se remplir et nous n’aurons pas la moindre pitié. Le ‘Far West’ est désormais terminé. »

À retenir

  • L’UE va supprimer les exonérations fiscales sur les petits colis importés, ciblant les plateformes chinoises.
  • La France intensifie ses sanctions contre Shein, notamment via des enquêtes et une possible interdiction de son site web.
  • Les préoccupations portent sur les normes environnementales, sociales et la sécurité des produits vendus par ces plateformes.

Contexte

L’essor du commerce en ligne transfrontalier, facilité par des plateformes comme Shein, Alibaba et Temu, a entraîné une augmentation massive des petits colis importés en Europe. Cette situation a soulevé des inquiétudes quant à la concurrence déloyale, le non-respect des normes européennes et l’impact environnemental de ces pratiques.

Ce qui change

Les consommateurs européens pourraient voir une augmentation des prix des produits importés de Chine. Les entreprises européennes pourraient bénéficier d’une concurrence plus équitable. Les plateformes chinoises devront se conformer aux réglementations européennes pour continuer à opérer sur le marché européen.

Prochaines étapes

Validation de l’accord par le Parlement européen. Résultats de l’enquête française sur Shein et décisions de justice concernant l’accès à son site web. Évolution des pratiques commerciales des plateformes chinoises en réponse aux nouvelles réglementations.

Chiffres clés

Indicateur Valeur
Nombre de petits colis livrés en Europe (2023) 4,6 milliards
Pourcentage de colis provenant de Chine 91 %
Nombre d’utilisateurs de Temu dans l’UE (premier semestre 2024) 115,7 millions

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.