La République de l’Uganda a formellement rejeté les accusations selon lesquelles elle s’immiscerait dans l’enregistrement des électeurs kenyans, alors que les tensions politiques s’intensifient au Kenya en vue de l’élection présidentielle et législative prévue le 10 août 2027.
Des personnalités de l’opposition, à l’instar du dirigeant du People’s Party of Kenya Ndindi Nyoro, ont publiquement mis en cause la régularité des listes électorales, affirmant lors d’un rassemblement public à Naromoru Town, dans le comté de Nyeri, que des ressortissants étrangers, notamment ougandais, seraient illégalement inscrits sur les registres électoraux du pays.
Kampala répond aux accusations d’ingérence électorale
Le gouvernement ougandais a pris position pour écarter toute implication dans le processus électoral de son voisin.
Rebecca Alitwala Kadaga a déclaré : « Affirmons clairement que le gouvernement ougandais ne joue aucun rôle dans les processus électoraux de la République du Kenya et n’y interfère pas. »

La ministre a qualifié d’inappropriée toute tentative de transformer des cas individuels en un soupçon collectif visant l’ensemble des Ougandais résidant ou travaillant au Kenya, rappelant que les liens familiaux, culturels et commerciaux le long de la frontière ne devaient pas être mis en péril par des désaccords politiques.
Elle a réaffirmé la disposition de son pays à coopérer par la voie diplomatique, migratoire et sécuritaire pour établir les faits.
Le gouvernement kenyan défend les droits de la diaspora
Kipchumba Murkomen a défendu le jeudi 1er octobre 2026 l’octroi de cartes d’identité et de cartes d’électeur aux Kenyans établis à l’étranger lors d’un déplacement à Kiminini, dans le comté de Trans Nzoia. Le secrétaire de cabinet à l’Intérieur insistait sur le fait qu’aucune discrimination ne devait frapper les populations des zones frontalières comme Taita Taveta, Narok, Kajiado et Trans Nzoia.
Le secrétaire de cabinet était accompagné lors de ce déplacement par le directeur adjoint de la police chargé du service de police de l’administration Gilbert Masengeli, ainsi que par les députés Kakai Bisau pour Kiminini et Robert Pukose pour Endebess, en plus de la représentante des femmes du comté Lilian Siyoi, du commissaire régional de la vallée du Rift Abdi Hassan, du commandant de la police de la vallée du Rift Mathews Ndanyi, et du commissaire du comté de Trans Nzoia Alason Hussein, aux côtés de divers autres responsables locaux et élus municipaux.

Kipchumba Murkomen a souligné : « Tous les Kenyans, y compris ceux de nos pays voisins, ont le droit de s’inscrire comme électeurs. C’est pourquoi nous disposons d’un département d’État entier dédié aux Affaires de la diaspora. Il a pour mission de soutenir les Kenyans vivant hors de nos frontières. »
L’argumentation ministérielle s’appuie sur le mandat du State Department for Diaspora Affairs, rattaché au ministère des Affaires étrangères.
Des responsables politiques locaux, à l’instar du député d’Endebess Robert Pukose, ont également affirmé lors de l’inauguration de bureaux administratifs à Chepchoina et en présence de dirigeants locaux comme Pius Gumo et le commissaire de comté Alason Hussein, que les Kenyans partis s’installer ou commercer en Ouganda conservent l’intégralité de leurs droits civiques et politiques dans leur circonscription d’origine, notamment à Endebess et Trans Nzoia.

Parallèlement, des voix locales au sein de l’exécutif du comté, telles qu’Eliud Tormoi, ont exprimé des réserves sur l’afflux perçu de débats politiques nationaux et sur des allégations non vérifiées concernant des transferts depuis des comtés comme Elgeyo Marakwet ou West Pokot, tandis que le gouverneur George Natembeya a multiplié les mises en garde, allant jusqu’à évoquer des rivalités sécuritaires locales face au commandant de l’administration police Gilbert Masengeli.
La commission électorale statue face aux contestations
Erastus Edung Ethekon a indiqué dans une communication officielle publiée le 27 septembre 2026 que l’institution n’avait reçu aucune preuve crédible étayant les accusations d’inscriptions illégales ou de transferts frauduleux d’électeurs. Le président de la commission électorale indépendante, l’IEBC, a rappelé les dispositions de l’article 88(4)(a) de la Constitution ainsi que du règlement 13(2)(a) des Elections (Registration of Voters) Regulations de 2012, alors que l’organisme tente de maintenir le cap tout en ciblant au moins 28,5 millions d’électeurs enregistrés selon les précisions de The Star.
La Commission a approuvé le processus de cartographie de pays supplémentaires afin de renforcer la participation des Kényans de l’étranger, l’enregistrement de la diaspora devant être effectué lors du lancement de la deuxième phase de l’enregistrement électoral continu renforcé (ECVR II), conformément au cadre juridique et opérationnel en vigueur, Erastus Edung Ethekon, Président de l’IEBC
La phase II de l’enregistrement continu des électeurs doit encadrer l’extension du vote à l’étranger pour porter le nombre de pays couverts de 12 lors du scrutin de 2022 à 26 en 2027, incluant des pays comme l’Arabie saoudite, l’Australie, les Pays-Bas, la Suisse ou l’Italie.