Publié le 24 octobre 2025 10:52:00. Alors que Washington intensifie sa lutte contre les cartels latino-américains, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a exprimé ses réserves sur une intervention militaire étrangère, appelant à une coopération policière et judiciaire renforcée.
Depuis Jakarta, première étape de sa tournée en Asie du Sud-Est, Lula da Silva a critiqué l’approche américaine, estimant qu’il est impératif de disposer de preuves avant d’envisager toute action punitive contre un État souverain.
« Avant de juger quelqu’un, avant de punir quelqu’un, il faut avoir des preuves. On ne peut pas simplement dire qu’on va envahir, qu’on va combattre le trafic de drogue en territoire étranger, sans tenir compte de la constitution des autres pays, de l’autodétermination des peuples, de la souveraineté territoriale de chaque pays »
Luiz Inácio Lula da Silva, président du Brésil
Les déclarations du président brésilien interviennent alors que les États-Unis ont intensifié leur offensive contre les cartels, considérés comme des organisations terroristes, et ont déclaré un « conflit armé direct » justifiant, selon eux, leurs opérations militaires en eaux internationales. L’armée américaine affirme avoir détruit neuf embarcations impliquées dans le trafic de drogue, dans les Caraïbes et dans le Pacifique.
Lula da Silva a exprimé son ouverture au dialogue avec Donald Trump sur cette question, affirmant qu’il serait ravi d’en discuter avec lui lors de leur rencontre prévue ce week-end à Kuala Lumpur, où les deux dirigeants participeront au sommet de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN). Il a toutefois souligné la préférence pour une coopération policière et judiciaire bilatérale.
« Il est bien préférable que les États-Unis soient disposés à dialoguer avec la police de nos pays, avec les communautés judiciaires de chaque pays, afin que nous puissions faire quelque chose ensemble »
Luiz Inácio Lula da Silva, président du Brésil
La tension monte alors que des voix s’élèvent pour appeler à des mesures plus radicales. Récemment, le sénateur brésilien Flávio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, a suggéré que les États-Unis bombardent des navires de trafiquants de drogue au large des côtes brésiliennes, à l’instar de ce qui a été fait dans les Caraïbes et le Pacifique.
Les gouvernements du Venezuela, dirigé par Nicolás Maduro, et de la Colombie, dirigé par Gustavo Petro, tous deux accusés par Donald Trump d’être impliqués dans le trafic de drogue, ont dénoncé les attaques contre les bateaux comme des exécutions extrajudiciaires. Des organisations non gouvernementales, telles qu’Amnesty International, ont également exprimé leurs préoccupations quant aux actions américaines. En avril dernier, des médias américains avaient rapporté que l’administration Trump envisageait d’utiliser des drones contre les cartels de la drogue au Mexique, pays qu’elle a qualifié d’organisation terroriste peu après son entrée en fonction.
Tensions dans la mer des Caraïbes à cause des attaques contre des navires
rml (efe, afp)
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