Publié le 8 novembre 2025 à 07h48. L’université américaine de Cornell a cédé aux pressions de l’administration Trump, acceptant de modifier ses politiques en matière de diversité et d’inclusion en échange de la reprise de subventions fédérales gelées. Cet accord intervient après des négociations tendues et illustre la stratégie de l’ancien président pour influencer les établissements d’enseignement supérieur.
- L’université de Cornell s’engage à verser 30 millions de dollars au gouvernement américain.
- Elle devra également fournir des données sur les admissions de nouveaux étudiants pour vérifier l’absence de « discrimination positive ».
- Cornell devra utiliser un document du ministère de la Justice comme support de formation pour son personnel, abandonnant ainsi ses programmes de diversité et d’inclusion.
Sous la pression de l’administration Trump, l’université de Cornell a conclu un accord qui la contraindra à revoir en profondeur ses politiques internes. En échange, l’établissement pourra à nouveau bénéficier de 250 millions de dollars de subventions fédérales, vitales pour ses activités de recherche et d’enseignement.
L’accord prévoit notamment un versement de 30 millions de dollars au gouvernement dans les années à venir, ainsi qu’un investissement de 30 millions de dollars supplémentaires sur trois ans dans la recherche agricole, un domaine d’excellence pour l’université. Le PDG de Cornell, Michael Kotlikoff, estime que cet investissement profitera en fin de compte aux agriculteurs américains.
Au-delà de l’aspect financier, l’université devra également se soumettre à un contrôle accru de ses politiques d’admission. Elle devra fournir des données sur les nouveaux étudiants afin que le gouvernement puisse vérifier l’absence de pratiques de « discrimination positive », un terme utilisé pour désigner des politiques favorisant l’admission d’étudiants issus de minorités ou de milieux défavorisés dans le but de promouvoir la diversité.
Les programmes de diversité, d’équité et d’inclusion (DEI), souvent critiqués par Donald Trump, sont au cœur de cet accord. Cornell s’engage à utiliser un document du ministère de la Justice comme support de formation pour son personnel. Ce document impose aux universités d’abandonner les programmes DEI ainsi que les politiques favorables aux personnes transgenres.
Cornell devra démontrer chaque trimestre au gouvernement qu’elle respecte les termes de l’accord. Cette obligation de transparence suscite des inquiétudes parmi les professeurs, qui craignent pour la liberté académique. « Si vous concluez un accord avec quelqu’un qui vous extorque, cela ne fait qu’encourager davantage d’extorsion à l’avenir », a déclaré David Bateman, politologue de Cornell.
La ministre de l’Éducation, Linda McMahon, a salué cet accord comme une « grande victoire » qui permettra de garantir que « nos écoles deviendront les meilleures au monde ». La procureure générale, Pam Bondi, a souligné que les universités bénéficiant de financements fédéraux doivent se conformer aux « lois sur les droits civiques » et garantir que leurs politiques ne soient pas discriminatoires à l’égard des étudiants.
Cet accord s’inscrit dans une stratégie plus large menée par Donald Trump pendant son mandat, visant à sanctionner les universités qu’il juge trop « progressistes » ou « woke ». En coupant les vivres fédérales, il a cherché à forcer ces établissements à modifier leurs politiques.
L’université de Columbia a déjà conclu un accord similaire, versant 200 millions de dollars pour obtenir la levée du gel de ses subventions. Les universités Brown et de Virginie ont également cédé aux pressions de l’administration Trump. Columbia University cède à Trump et règle pour 200 millions de dollars.
Seule l’université Harvard résiste pour l’instant, ayant déjà perdu environ 2 milliards de dollars de subventions fédérales. Grâce à d’importantes donations, Harvard peut se passer de l’argent du gouvernement pour le moment, mais cette situation devient de plus en plus difficile. La recherche sur le cancer du côlon chez les hommes noirs et les études sur les émissions de gaz à effet de serre ont notamment été interrompues en raison de ces restrictions budgétaires.
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