Publié le 16 novembre 2023 14:53:00. L’Université de Nottingham envisage de fermer son département de langues, une décision sans précédent pour un établissement membre du prestigieux Groupe Russell, suscitant une vive opposition de la part des étudiants et du corps professoral.
- La fermeture potentielle affecterait l’enseignement du russe, de l’espagnol, du chinois, du français et de l’allemand.
- Une pétition signée par plus de 17 000 personnes dénonce des coupes budgétaires « imprudentes ».
- Cette décision pourrait laisser la région des East Midlands sans offre de formation en langues au niveau universitaire.
L’Université de Nottingham se prépare à une restructuration majeure de son offre de formation, qui pourrait aboutir à la suppression complète de son département de langues. Cette initiative, sans précédent pour un membre du Groupe Russell – regroupant les universités britanniques les plus prestigieuses – a déclenché une vague de protestations. Plus de 17 000 universitaires, étudiants et sympathisants ont déjà signé une pétition en ligne pour s’opposer à ces coupes budgétaires jugées « imprudentes ».
Les programmes menacés incluent des cursus en russe, espagnol, chinois, français et allemand. Les signataires de la pétition craignent que cette décision n’ait un impact disproportionné sur la région des East Midlands, qui se retrouverait sans aucune possibilité d’étudier les langues à l’université. Ils soulignent également que cette mesure contredit les ambitions de l’université de se positionner comme une institution « mondiale » et « sans frontières ».
L’université a déjà suspendu les inscriptions pour les formations en langues et doit se prononcer ce mois-ci sur la fermeture définitive de ces programmes, une fois que les étudiants actuels auront terminé leurs études.
Cette décision s’inscrit dans un plan plus large de restructuration qui prévoit la suppression de 48 cours de premier cycle dans divers domaines, notamment la musique, les études américaines et canadiennes, les sciences infirmières, l’agriculture, la théologie, la microbiologie et l’éducation.
Les opposants à ces coupes budgétaires dénoncent une logique comptable qui va à l’encontre de l’intérêt général. Ils estiment que la suppression de ces filières affaiblit le rôle de l’université dans la formation de futurs experts capables de comprendre et d’interagir avec le monde.
« Il s’agit d’une décision profondément bouleversante et décevante pour les 550 étudiants de premier cycle qui étudient les langues vivantes ici, qui ont tant appris, non seulement grâce à nos diplômes, mais aussi grâce à l’expérience inestimable d’étudier ou de travailler à l’étranger et de découvrir d’autres cultures de première main. »
Pétition de protestation
Le professeur Cecilia Goria, directrice de l’école de langues, met en garde contre les conséquences de cette fermeture. Elle explique que les East Midlands deviendraient un « désert linguistique », après la fermeture similaire de l’Université de Leicester et le retrait de l’Université de Nottingham Trent. Un article du Times souligne également le déclin général de l’apprentissage des langues au Royaume-Uni.
« Cette fermeture laisse les East Midlands comme un désert linguistique, dépourvu de possibilités de diplômes en langues suite à la récente fermeture par l’Université de Leicester de son département de langues vivantes et au retrait antérieur de l’Université de Nottingham Trent. Une génération entière d’aspirants linguistes, traducteurs et médiateurs culturels se retrouveront géographiquement exclus de l’enseignement supérieur dans leur domaine de prédilection. »
Professeur Cecilia Goria, directrice de l’école de langues, Université de Nottingham
L’Université de Nottingham justifie sa décision par des difficultés financières liées à la baisse des revenus et à la hausse des coûts. Elle affirme avoir déjà suspendu les inscriptions pour l’année universitaire 2026-2027 et que le conseil universitaire examinera la proposition de fermeture définitive des cours. L’université assure qu’elle entamera un dialogue avec le personnel, les étudiants et les syndicats avant de prendre une décision finale.
L’Université de Nottingham a également été critiquée pour la suppression de son département d’études américaines, une décision qualifiée de « stupéfiante » par Michael Collins, président de la British Association for American Studies.
