Publié le 16 janvier 2026 09:46:00. Une équipe internationale de chercheurs a identifié un mécanisme clé reliant l’infection par le virus d’Epstein-Barr (EBV) à la sclérose en plaques (SEP), une maladie auto-immune neurologique. Cette découverte pourrait ouvrir la voie à de nouvelles stratégies de prévention, notamment par la vaccination.
- L’infection par le virus d’Epstein-Barr, responsable de la mononucléose infectieuse, est associée au développement de la SEP.
- Une prédisposition génétique, liée à la molécule HLA-DR15, amplifie la réaction immunitaire déclenchée par le virus.
- Les recherches actuelles explorent la possibilité d’un vaccin contre l’EBV pour prévenir non seulement la mononucléose, mais aussi des maladies auto-immunes comme la SEP.
Des scientifiques de l’Université de Zurich (UZH), en collaboration avec des équipes de Hefei (Chine), de Tübingen (Allemagne) et du Collège Impérial de Londres (Royaume-Uni), ont mis en évidence un lien précis entre l’EBV et la SEP. Leur étude, publiée dans la revue Cell, révèle que l’infection par ce virus peut provoquer une réaction immunitaire intense, modifiant les structures des cellules cérébrales via la molécule HLA-DR15.
Cette réaction immunitaire conduit à la production d’une protéine de myéline, qui devient alors la cible de l’attaque des cellules immunitaires. Ces cellules infectées s’attaquent à la gaine de myéline qui protège les fibres nerveuses du cerveau et de la moelle épinière, entraînant des déficits neurologiques potentiellement graves, tels que paralysie, troubles de la vision ou fatigue extrême.
« En plus d’une infection par l’EBV, des facteurs de risque génétiques sont également impliqués, en particulier l’haplotype dit HLA-DR15 », explique le professeur Roland Martin, directeur de la recherche.
« Nos résultats montrent comment les facteurs de risque environnementaux et génétiques les plus importants contribuent ensemble à la SEP et peuvent déclencher une réaction auto-immune contre les composants de la myéline dans le cerveau. »
Roland Martin, directeur de la recherche
L’EBV est déjà connu pour être impliqué dans d’autres maladies auto-immunes, comme la polyarthrite rhumatoïde ou le lupus systémique. Les chercheurs explorent donc activement la possibilité de développer un vaccin contre l’EBV, qui pourrait ainsi prévenir un large éventail de pathologies. L’étude complète est disponible sur le site de Cell Press.
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