Publié le 10 janvier 2026 à 07h30. La mort soudaine d’une jeune femme britannique, Áine Rose Hurst, après avoir repris une pilule contraceptive, met en lumière les risques potentiels liés à cette méthode de contraception et relance le débat sur les contrôles médicaux nécessaires.
- Áine Rose Hurst, 19 ans, est décédée des suites d’un caillot de sang au cerveau, un événement potentiellement lié à la prise de sa pilule contraceptive.
- Sa mère, Kerry Hurst, témoigne pour sensibiliser le public aux dangers de la pilule et plaide pour des examens médicaux plus rigoureux.
- L’affaire a conduit à une enquête et a soulevé des questions sur les protocoles de prescription de la pilule contraceptive au sein du système de santé britannique.
La famille d’Áine Rose Hurst est en deuil après le décès tragique de la jeune femme, survenu le 13 mars 2025. Quelques jours auparavant, Áine s’était réveillée avec un violent mal de tête après une soirée entre amis, qu’elle avait initialement attribué à une simple gueule de bois. Rapidement, son état s’est aggravé et elle a été transportée à l’hôpital, où les médecins ont découvert un caillot de sang dans son cerveau.
Kerry Hurst, la mère d’Áine, raconte que sa fille avait commencé à prendre la pilule Femodette, un contraceptif combiné, à l’âge de 15 ans pour réguler des règles abondantes. Pendant trois ans, aucun problème n’est survenu. Cependant, en décembre 2024, un contrôle médical de routine a révélé une tension artérielle dangereusement élevée. Áine avait alors arrêté de prendre la pilule sur les conseils de l’infirmière.
« Áine était ravie d’avoir réussi son permis de conduire et voulait conduire elle-même pour le contrôle annuel », explique Kerry. « Elle est rentrée à la maison et nous a dit que l’infirmière avait dû prendre sa tension trois fois car elle était beaucoup trop élevée. »
Après une période où sa tension artérielle s’est stabilisée, Áine a consulté son médecin généraliste début janvier 2025 pour envisager une alternative contraceptive. Après vérification, le médecin lui a de nouveau prescrit Femodette, ce qui a inquiété Kerry. « J’étais un peu préoccupée, je trouvais cela étrange, mais j’ai fait confiance au médecin. Je n’ai pas pensé qu’Áine courait un risque », confie-t-elle.
Quelques semaines plus tard, le mal de tête qui a précédé le décès d’Áine a réapparu. Kerry a alors appelé les services d’urgence, mais avant même l’arrivée de l’ambulance, Áine a perdu connaissance. Elle est décédée deux jours plus tard dans les bras de sa mère.
« Áine n’aurait jamais rien fait qui puisse mettre sa vie en danger. Si elle avait eu la moindre idée qu’elle était en danger, elle n’aurait jamais repris la pilule. »
Kerry Hurst
L’enquête menée par le coroner de Bolton a établi que la cause du décès d’Áine était une thrombose du sinus veineux cérébral, la pilule contraceptive orale étant considérée comme un « facteur contributif potentiel ».
Depuis le drame, Kerry et son mari Graham ont créé la fondation ARCS – The Áine Rose Contraceptive Safety Foundation, afin de sensibiliser le public aux risques liés à la contraception hormonale et de plaider pour des contrôles médicaux plus stricts. Ils souhaitent notamment que les directives du National Health Service (NHS) soient modifiées afin que les femmes ayant des antécédents d’hypertension artérielle soient soumises à des examens plus approfondis avant de se voir prescrire une pilule contraceptive.
Áine était décrite par sa famille comme une jeune femme joyeuse, pleine de vie et très attachée à sa famille. Elle avait de nombreux projets d’avenir, notamment des voyages prévus en Irlande et à Tenerife. Ses cendres ont été transformées en bijoux pour les membres de sa famille, et de nombreux proches ont fait tatouer un trèfle en sa mémoire.
Les médecins soulignent que l’utilisation d’une contraception orale combinée peut être associée à une légère augmentation du risque d’accident vasculaire cérébral et de caillot sanguin. Une étude récente (2025) a révélé que les produits contenant des œstrogènes, tels que les anneaux vaginaux et les patchs cutanés, présentent le risque le plus élevé d’accident vasculaire cérébral. La pilule combinée œstrogène-progestatif est associée à un risque doublé d’accident vasculaire cérébral ischémique et de crise cardiaque.
Bien que les accidents vasculaires cérébraux soient rares chez les jeunes femmes, il est essentiel de discuter de tous les facteurs de risque avec un professionnel de santé avant de commencer une contraception hormonale.