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Macron nie toute « méfiance » à l’égard des États-Unis après avoir révélé un appel tendu | Guerre en Ukraine

Publié le 5 décembre 2025 à 17h54. Le président français Emmanuel Macron a fermement démenti avoir exprimé une méfiance envers les États-Unis concernant leur plan de paix pour l’Ukraine, après la publication de révélations sur des doutes exprimés…

Macron nie toute « méfiance » à l’égard des États-Unis après avoir révélé un appel tendu | Guerre en Ukraine

Publié le 5 décembre 2025 à 17h54. Le président français Emmanuel Macron a fermement démenti avoir exprimé une méfiance envers les États-Unis concernant leur plan de paix pour l’Ukraine, après la publication de révélations sur des doutes exprimés par plusieurs dirigeants européens lors d’un appel confidentiel.

  • Emmanuel Macron nie avoir remis en question la fiabilité des États-Unis dans le soutien à l’Ukraine.
  • Des inquiétudes ont été exprimées par certains leaders européens quant à la stratégie diplomatique de l’administration Trump et à la possibilité de pressions sur Kiev.
  • La publication de ces échanges intervient dans un contexte de tensions autour du nouveau plan de paix américain et de difficultés financières pour l’Ukraine.

Le président français a catégoriquement rejeté les affirmations rapportées par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, qui affirmait qu’il avait mis en garde contre un possible revirement de Washington et une pression sur l’Ukraine pour qu’elle cède des territoires à la Russie. « Je nie tout », a-t-il déclaré aux journalistes, insistant sur l’importance de « l’unité » entre les Européens et les Nord-Américains pour soutenir Kiev. Selon lui, « aucun scénario de paix durable en Ukraine ne peut être envisagé sans des efforts conjoints » de la part de plusieurs nations, dont les États-Unis, le Canada, l’Australie et le Japon.

Der Spiegel avait révélé des extraits d’un appel téléphonique confidentiel entre plusieurs dirigeants européens et le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Selon le journal, Macron et le chancelier allemand Friedrich Merz auraient exprimé de « fortes réserves » sur la stratégie diplomatique de l’administration Trump. Ils auraient notamment craint que Washington n’exerce des pressions sur Kiev pour l’amener à faire des concessions territoriales à Moscou. Deux participants à cette conversation privée auraient confirmé l’exactitude des citations au magazine allemand.

Cet appel a eu lieu le lundi 2 décembre, le jour même où Macron recevait Zelensky à l’Élysée. Cette rencontre faisait suite à la présentation, le mois précédent, d’un plan de paix en 28 points proposé par l’administration américaine, qui a suscité de vives critiques à Kiev et au sein de l’Union européenne, en raison de son alignement perçu sur les exigences russes. Des négociations multilatérales avaient ensuite eu lieu à Genève le 23 novembre, débouchant sur une version réduite de 19 points, mais qui a également été rejetée par la Russie, qui maintient des exigences jugées inacceptables par l’Ukraine, notamment l’abandon de ses aspirations à rejoindre l’OTAN et la cession de territoires occupés.

Selon Der Spiegel, un résumé anglais de l’appel mentionne un avertissement direct de Macron à Zelensky concernant le « grand danger » que représente la situation actuelle des négociations et la possibilité que Washington « trahisse l’Ukraine sur le plan territorial ». Merz aurait également exprimé ses inquiétudes, estimant que les efforts diplomatiques menés par les émissaires de Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, qui ont passé cinq heures à rencontrer Vladimir Poutine au Kremlin cette semaine, montraient qu’ils « jouent avec nous et avec vous ». Cette rencontre à Moscou avait déjà suscité des interrogations.

Ces soupçons interviennent alors que l’Ukraine est confrontée à une situation financière délicate. L’Union européenne s’efforce de finaliser un nouveau programme de soutien budgétaire d’environ 90 milliards d’euros (environ 97,5 milliards de dollars américains) pour aider Kiev à maintenir ses opérations en 2026 et 2027. Merz doit participer ce vendredi à un dîner d’urgence avec Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, et le Premier ministre belge Bart De Wever, qui s’oppose à l’utilisation des avoirs russes gelés pour financer ce paquet.

Von der Leyen a proposé deux options : des prêts adossés au budget européen ou un instrument financé par les actifs russes immobilisés en Belgique, qui seraient remboursés par les réparations de guerre. De Wever insiste sur le fait que la confiscation des biens d’un autre État « n’a jamais été faite. Même pendant la Seconde Guerre mondiale, nous n’avons pas confisqué l’argent de l’Allemagne ».

Macron a réaffirmé que les divergences signalées ne reflétaient pas la réalité. Cependant, la publication de ces échanges risque de rouvrir des tensions latentes entre alliés, alors que l’influence de Trump, dont la position est déterminante pour tout contact avec Poutine, reste sensible aux signes de méfiance européens. La diplomatie se poursuit en parallèle d’une intensification des combats sur le terrain, et la pression sur l’Ukraine pour qu’elle accepte des concessions qu’elle n’est pas encore prête à faire ne cesse de croître.

Les hostilités se poursuivent. Jeudi soir, des frappes russes ont tué un garçon de 12 ans dans le centre de l’Ukraine, tandis que Kiev aurait touché un port et une raffinerie de pétrole en Russie. Moscou a réaffirmé, le même jour, son intention d’annexer l’ensemble du Donbass par la force ou par des négociations, maintenant toutes ses exigences territoriales et militaires.

Texte rédigé par Paulo Narigão Reis

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.