Le Venezuela a lancé une vaste mobilisation militaire en réponse à la présence accrue de navires et d’avions américains dans les Caraïbes, notamment l’arrivée du porte-avions USS Gerald R. Ford. Caracas dénonce une « menace impérialiste » et se prépare à défendre sa souveraineté.
L’opération, baptisée « Plan d’indépendance 200 », a débuté ce mardi 11 novembre et se poursuivra jusqu’au mercredi 12 novembre. Elle prévoit le déploiement massif de moyens terrestres, aériens, navals, fluviaux et de missiles, ainsi que des unités militaires, de la milice bolivarienne et des forces de sécurité civile, selon un communiqué du ministère vénézuélien de la Défense.
Près de 200 000 soldats ont été déployés sur l’ensemble du territoire national, a déclaré le ministre de la Défense, Vladimir Padrino, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Il a précisé que cette mobilisation vise également à lutter contre le trafic de drogue et les groupes terroristes armés. Des images diffusées montrent des systèmes de défense aérienne Buk et Igla, ainsi que des avions de combat Su-30 et des soldats armés de fusils AK-103.
« Le peuple vénézuélien doit savoir qu’il a un Venezuela protégé, protégé et défendu par les FANB [Forces armées nationales bolivariennes] », a affirmé Padrino, en présence du général en chef Domingo Antonio Hernández Lárez, commandant du Commandement opérationnel stratégique des FANB.
Cette mobilisation intervient alors que les États-Unis ont déployé un groupe d’attaque de porte-avions, mené par l’USS Gerald R. Ford, dans la zone d’opérations du Commandement Sud, qui couvre une grande partie de l’Amérique latine. Washington justifie ce déploiement par la nécessité de lutter contre le trafic de drogue dans la région. Caracas, de son côté, y voit une tentative de forcer un changement de régime.
À ce stade, aucune présence militaire ou policière inhabituelle n’a été signalée dans la capitale vénézuélienne, selon une équipe de CNN sur place.
Le « Plan d’indépendance 200 », activé par le président Nicolás Maduro en 2025, est une stratégie civilo-militaire visant à garantir la souveraineté et la défense globale du pays. Il mobilise les forces armées, la milice bolivarienne et les forces de police sur l’ensemble du territoire national. En août dernier, le gouvernement vénézuélien avait déjà mobilisé des millions de miliciens et activé des organismes de défense dans tous les États, invoquant la nécessité de se préparer à se défendre.
Le porte-avions USS Gerald R. Ford, le navire de guerre le plus avancé de la marine américaine, est capable de lancer et de récupérer simultanément des avions à voilure fixe, de jour comme de nuit. Il est accompagné de neuf escadrons aériens, de capacités anti-surface et du navire de commandement intégré de défense aérienne et antimissile USS Winston S. Churchill.
Les tensions entre le Venezuela et les États-Unis sont vives depuis plusieurs mois, notamment en raison de la possibilité d’une action américaine directe contre les installations de cocaïne et les itinéraires de trafic de drogue au Venezuela. L’administration américaine a récemment indiqué au Congrès qu’elle ne disposait d’aucune justification légale pour soutenir de telles attaques, tout en continuant d’étudier les options juridiques.
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