Publié le 24 octobre 2024 10:22:00. Une étude européenne d’envergure révèle que le fait de parler plusieurs langues pourrait ralentir le processus de vieillissement, tandis qu’une maîtrise unique d’une langue semble associée à un vieillissement plus rapide. Ces découvertes ouvrent de nouvelles perspectives sur les moyens de préserver les fonctions cognitives avec l’âge.
- Parler plusieurs langues est associé à un risque moindre de vieillissement accéléré.
- Une étude menée auprès de plus de 86 000 personnes dans 27 pays européens a permis de mettre en évidence ce lien.
- L’apprentissage d’une langue, quel que soit l’âge, stimule le cerveau et contribue à maintenir une bonne réserve cognitive.
Selon une vaste enquête menée auprès de 86 000 participants répartis dans 27 pays européens, les personnes maîtrisant une seule langue seraient environ deux fois plus susceptibles de présenter des signes de vieillissement accéléré. À l’inverse, le multilinguisme semble avoir un effet protecteur, ralentissant le déclin cognitif lié à l’âge. Les résultats de cette étude, publiée dans la revue Nature Aging, incluent également la prise en compte des langues régionales.
Floor van den Berg, chercheuse à l’Université d’Amsterdam et ayant soutenu sa thèse de doctorat à l’Université de Groningue sur le sujet du multilinguisme et du vieillissement, qualifie cette conclusion de « belle avancée ». Elle explique que le multilinguisme est considéré comme une approche accessible pour lutter contre les effets du vieillissement, d’autant plus que la population mondiale vieillit rapidement et que de nombreuses personnes sont capables de parler au moins deux langues.
« C’est devenu un sujet important au cours des vingt dernières années, car la population mondiale vieillit rapidement et de nombreuses personnes dans le monde parlent deux langues ou plus. Cela est considéré comme un moyen accessible de lutter contre le vieillissement. »
Floor van den Berg, chercheuse à l’Université d’Amsterdam
Les travaux de doctorat de Mme van den Berg, basés sur deux études menées dans le nord des Pays-Bas, confirment cette tendance. Elle souligne que plus une personne apprend de langues, plus l’impact positif sur ses capacités cognitives est significatif. Ses recherches ont notamment montré que les participants multilingues obtenaient de meilleurs résultats dans des tâches évaluant la mémoire et la vitesse de traitement de l’information.
L’explication réside dans la complexité du processus d’apprentissage linguistique. Apprendre une nouvelle langue sollicite un vaste réseau cérébral, mobilisant différentes zones du cerveau. Il ne s’agit pas uniquement de mémoriser du vocabulaire et des règles de grammaire, mais aussi de maîtriser l’activation de la langue, ce qui fait appel à la partie antérieure du cerveau, essentielle pour les actions quotidiennes et la prise de décision.
Selon Floor van den Berg, l’âge auquel on commence à apprendre une langue supplémentaire n’est pas un facteur déterminant. Elle nuance toutefois :
« Peut-être qu’apprendre une langue supplémentaire plus tard dans la vie sera encore plus difficile. »
Floor van den Berg, chercheuse à l’Université d’Amsterdam
Elle explique que les connexions entre les différentes parties du cerveau tendent à s’affaiblir avec l’âge, mais que certaines peuvent rester plus actives que d’autres grâce à la « réserve cognitive ». Cette réserve cognitive se construit non seulement par le multilinguisme, mais aussi par d’autres activités stimulantes, comme la pratique d’un instrument de musique. En défiant régulièrement son cerveau à établir de nouvelles connexions, on contribue à les maintenir en bon état plus longtemps.
À lire aussi
