Home Santé« Malade sans preuve » – Quelle confiance le monde du travail peut-il tolérer ?

« Malade sans preuve » – Quelle confiance le monde du travail peut-il tolérer ?

by Sophie Martin

La délivrance des certificats médicaux pourrait être considérablement allégée en Allemagne, suscitant à la fois un soulagement chez les médecins et des inquiétudes quant à un possible abus du système. Des propositions visant à retarder l’obligation de présentation d’un justificatif d’arrêt de travail sont actuellement à l’étude.

Andreas Gassen, président de l’Association nationale des médecins de l’assurance maladie obligatoire (KBV), suggère de ne plus exiger un certificat médical qu’à partir du quatrième, voire du cinquième jour d’arrêt maladie. Actuellement, un employeur peut demander un certificat dès le premier jour d’absence. Cette mesure, selon M. Gassen, permettrait d’économiser 1,4 million d’heures de travail, soit 100 millions d’euros, grâce à la réduction des 116 millions de certificats délivrés chaque année, dont 35 % concernent des absences de trois jours maximum.

Le ministre de la Santé de Rhénanie-Palatinat, Clemens Hoch (SPD), va encore plus loin, envisageant de ne demander un certificat qu’au bout de deux semaines. « Nous pouvons ainsi contribuer concrètement à réduire la bureaucratie dans les cabinets médicaux et à alléger le fardeau de nos médecins », a-t-il déclaré.

Ces propositions suscitent l’opposition des associations d’employeurs, qui craignent de devoir continuer à payer les salaires dès le premier jour d’absence. Elles soulèvent également la question de la confiance et du risque de fraudes, notamment de la part de ceux qui pourraient abuser du système en invoquant un simple « je ne me sens pas bien ».

M. Gassen souligne que la visite chez le médecin est souvent une formalité administrative plutôt qu’une évaluation médicale approfondie. Il explique que les médecins se retrouvent souvent à remplir une simple « formalité » et à valider des arrêts de travail basés sur des symptômes subjectifs, comme des maux de tête.

Par ailleurs, la question de l’équité entre les employés est soulevée, avec des disparités dans le nombre de jours d’absence pour maladie. En moyenne, un salarié allemand est absent pour maladie près de 15 jours par an, mais cette moyenne masque des différences importantes. Des propositions ont été avancées, comme la suppression du salaire le premier jour d’arrêt maladie ou, au contraire, l’octroi de primes aux salariés ne déclarant aucune absence. Une enquête menée par la Techniker Krankenkasse montre que même les employeurs sont divisés sur l’idée de pénaliser les premiers jours d’arrêt maladie.

En définitive, il est jugé essentiel que les salariés eux-mêmes participent à la définition d’une réglementation équitable, plutôt que de se contenter de suivre les débats menés par des acteurs qui ne sont pas directement concernés.

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