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Maladie pulmonaire obstructive chronique : le budget à couper le souffle

by Sophie Martin

Publié le 2024-11-21 14:35:00. La maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) touche près de 800 000 Portugais et engendre une crise sanitaire publique croissante, mais le projet de budget de l’État pour 2026 ne prévoit pas de financement spécifique pour lutter contre cette pathologie invalidante.

  • Plus de 10 000 hospitalisations liées à la MPOC ont été enregistrées en 2024, représentant une part importante et grandissante des admissions pour affections respiratoires.
  • Le Plan National des Maladies Respiratoires (PNDR) manque cruellement de moyens financiers pour être mis en œuvre efficacement.
  • Des investissements dans le diagnostic précoce et la réadaptation respiratoire permettraient de réduire les coûts de santé et d’améliorer la qualité de vie des patients.

Vivre avec la MPOC, c’est faire face à un combat quotidien contre l’essoufflement, même pour les gestes les plus simples. Pour près de 800 000 personnes au Portugal, cette réalité est loin d’être une métaphore. Cette maladie insidieuse vole l’autonomie et conduit à l’isolement. Mais cette épreuve est d’autant plus difficile qu’elle se heurte au silence budgétaire de l’État.

En 2024, la MPOC a été à l’origine de plus de 10 000 hospitalisations, dont un nombre significatif a nécessité une assistance respiratoire. Ces chiffres, en constante augmentation, témoignent d’une crise de santé publique à la fois prévisible et, dans une large mesure, évitable. Chaque hospitalisation représente une famille bouleversée, une vie suspendue et un fardeau financier considérable pour un Service National de Santé (SNS) déjà sous tension.

L’analyse du projet de budget de l’État pour 2026 révèle une absence préoccupante de mesures dédiées aux maladies respiratoires. Si certains domaines essentiels sont renforcés, la MPOC est reléguée à une zone grise dangereuse. Un Plan National des Maladies Respiratoires (PNDR) existe bel et bien, mais il manque cruellement d’objectifs clairs et, surtout, de ressources financières pour être opérationnel. Cette omission budgétaire n’est pas une simple erreur technique, mais une décision politique qui condamne des milliers de patients à un diagnostic tardif et à des soins insuffisants.

Investir dans le diagnostic précoce de la MPOC, notamment par la généralisation de la spirométrie en soins primaires, et garantir un accès universel à la réadaptation respiratoire ne constitue pas une dépense, mais un investissement judicieux. Cela permettrait de réduire le nombre d’hospitalisations, de limiter le recours à des traitements complexes et coûteux, et, surtout, de redonner une qualité de vie à ceux qui l’ont perdue.

À l’occasion de la Journée mondiale de la MPOC, les associations de patients lancent un appel à l’action.

« Au nom des patients que je représente, nous invitons le Gouvernement et le Parlement à s’asseoir à la table des discussions, non pas pour écouter des lamentations, mais pour élaborer un plan d’action concret, doté d’un financement adéquat, qui fasse du PNDR une réalité tangible. »

Les représentants des patients appellent les décideurs politiques à faire preuve de responsabilité et à faire du budget de l’État un instrument d’espoir, et non de résignation. La MPOC ne peut attendre : il est urgent de donner aux patients l’air nécessaire pour vivre.

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