L’État de Floride a formellement enclenché une procédure judiciaire contre l’ancien président cubain Raúl Castro, selon les annonces faites le 19 octobre 2026 par le procureur général James Uthmeier. Le mandat d’arrêt, signé le 16 octobre par la juge Ariana Fajardo Orshan, vise l’ancien dirigeant pour complot en vue de commettre un meurtre au premier degré.
Cette action de l’État s’ajoute à une procédure fédérale similaire menée par le ministère de la Justice américain. Les faits reprochés remontent au 24 février 1996, date à laquelle des chasseurs de l’armée de l’air cubaine avaient abattu deux avions civils bimoteurs de type Cessna 337 appartenant à l’organisation Brothers to the Rescue.
L’attaque était survenue dans l’espace aérien international au large de Cuba. Elle avait entraîné la mort de trois citoyens américains et d’un résident permanent légal : Armando Alejandre Jr., Carlos Costa, Mario de la Peña et Pablo Morales.
L’enquête en Floride cible les responsabilités de 1996
Au moment des faits en 1996, Raúl Castro occupait les fonctions de ministre des Forces armées révolutionnaires de Cuba.
L’acte d’accusation de l’État de Floride est étayé par une déclaration sous serment. Il implique le Bureau des poursuites générales de l’État ainsi que le Département de l’application de la loi de Floride (FDLE).
L’enquête s’appuie sur des activités d’espionnage menées en Floride.
Moscou dénonce une vengeance politique de l’exil cubain
Le gouvernement russe a vivement réagi à cette décision judiciaire par la voix de son ministère des Affaires étrangères, qualifiant la démarche de manœuvre politique motivée par l’exil cubain en Floride.

Le ministère des Affaires étrangères de la Russie a déclaré que le dépôt d’une accusation sans fondement et fabriquée de toutes pièces, plus de 30 ans après les faits, représente un acte de vengeance du lobby anticubain à Miami.
La diplomatie russe a également souligné que la question de l’incident de 1996 avait déjà été traitée par la résolution 1067 du Conseil de sécurité des Nations unies. Moscou a mis en garde contre de nouvelles tensions dans la région, rappelant les difficultés économiques actuelles de l’île, où l’économie souffre d’un embargo rigoureux et d’un approversitionnement énergétique fortement restreint.
La Havane rejette le mandat d’arrêt
À Cuba, les autorités ont rejeté en bloc le mandat d’arrêt émis par la juridiction floridienne, y voyant une manœuvre opportuniste à l’approche des élections législatives américaines du 3 novembre 2026. Le président cubain Miguel Díaz-Canel a qualifié l’action judiciaire de cirque pathétique à Miami
dépourvu de tout fondement juridique ou pratique.
De son côté, le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez, a dénoncé une initiative stérile orchestrée par des politiciens du sud de la Floride. Cette offensive judiciaire intervient alors que l’administration de Donald Trump cherche à accroître la pression sur le gouvernement cubain par le durcissement des sanctions économiques.