Ces mesures constitutionnelles, visant à contrer le crime organisé, suscitent une vive opposition politique et sociale en raison des restrictions de libertés prévues.
Le climat politique au Chili s’est tendu de manière spectaculaire.
Les forces de l’ordre ont dispersé à l’aide de canons à eau et de gaz lacrymogènes des centaines de personnes rassemblées dans le centre de la capitale, selon le point de situation sur les heurts à Santiago. Au cœur de la contestation figure un train de mesures rigoureuses destiné à modifier la structure juridique du pays face à l’insécurité.
L’offensive sécuritaire de l’exécutif chilien
L’exécutif a formalisé sa stratégie le 5 août 2026 lors d’un message télévisé à la nation.
Le président José Antonio Kast a présenté un ensemble de modifications législatives et constitutionnelles, qualifié par le chef de l’État de plus de 30 projets destinés à changer la lutte contre la criminalité. Ces dispositions s’inscrivent directement dans la continuité des promesses de campagne du dirigeant, qui a pris ses fonctions en mars avec un positionnement de fermeté.
Un régime d’exception constitutionnel sans l’aval du Parlement
Parmi ces initiatives, la proposition la plus controversée consiste à introduire huit modifications de la Constitution.
Le texte prévoit notamment la création d’un régime d’exception inédit. Dans les zones où il serait déclaré en raison d’une grave menace pour la sécurité publique, le chef de l’État pourrait l’activer sans l’approbation préalable du Parlement et pour une durée pouvant atteindre huit mois.
Restrictions des libertés fondamentales et parallèles historiques
Sous l’empire de ce nouveau régime d’exception, les autorités disposeraient de prérogatives élargies pour limiter les droits fondamentaux.
Les restrictions toucheraient directement la liberté de circulation, le droit de réunion ainsi que le contrôle et l’interception des communications dans les zones concernées. Les manifestants descendus dans la rue ont vivement dénoncé ces dispositions, certains scandant des slogans hostiles qui comparent la politique de l’actuel dirigeant à celle de l’ancien dictateur, d’après les cris relayés lors de la dispersion des manifestants.
Fragilités politiques et cartographie de la criminalité transnationale
Du côté de la société civile et de la sphère politique, les réactions sceptiques se multiplient.

Les critiques ne proviennent pas seulement de l’opposition traditionnelle ou d’organisations internationales comme Human Rights Watch, mais s’étendent également au sein du propre camp présidentiel. Les observateurs relèvent que le Chili demeure globalement l’un des pays les plus sûrs d’Amérique latine, malgré une hausse marquée des homicides et des enlèvements ces dernières années, alimentée notamment par l’implantation de groupes criminels transnationaux tels que le Tren de Aragua originaire du Venezuela.