Publié le 16 janvier 2026 à 15h22. Face à une escalade des tensions entre Washington et Téhéran, plusieurs pays du Golfe ont discrètement intensifié leurs efforts diplomatiques pour dissuader l’administration américaine d’une action militaire contre l’Iran, craignant des conséquences régionales déstabilisatrices.
- L’Arabie saoudite, le Qatar et le sultanat d’Oman ont activement cherché à convaincre l’ancien président américain Donald Trump de ne pas lancer d’attaque contre l’Iran.
- Ces efforts diplomatiques s’inscrivent dans une volonté de maintenir la stabilité régionale et d’éviter une escalade aux conséquences imprévisibles.
- Les pays du Golfe privilégient une approche diplomatique et la préservation du statu quo, malgré leurs réserves envers le régime iranien actuel.
Dans un contexte de tensions vives liées à la répression des manifestations en Iran, plusieurs capitales du Golfe ont joué un rôle de médiation auprès de l’administration américaine, selon des sources diplomatiques. L’objectif principal était d’éviter une intervention militaire américaine qui pourrait, selon ces pays, déstabiliser l’ensemble de la région.
Un haut responsable saoudien a révélé à l’Agence France-Presse que l’Arabie saoudite, le Qatar et le sultanat d’Oman ont mené des “intenses efforts diplomatiques de dernière minute” pour persuader Donald Trump de laisser à l’Iran une chance de faire preuve de bonne foi. Ces efforts visaient également à renforcer la confiance mutuelle et à maintenir un climat positif, bien que fragile, entre les différentes parties.
La reprise des relations diplomatiques entre l’Arabie saoudite et l’Iran, sous l’égide de la Chine en 2023, a constitué un tournant significatif. Cet accord, basé sur le respect de la non-ingérence dans les affaires intérieures, a contribué à une certaine stabilisation de la situation régionale. Cependant, la possibilité d’une frappe américaine contre l’Iran reste une préoccupation majeure pour les pays du Golfe.
Plusieurs analystes soulignent que les pays du Golfe sont confrontés à un dilemme complexe. Ils souhaitent maintenir leur alliance stratégique avec les États-Unis tout en préservant des relations, même prudentes, avec l’Iran. Trouver un équilibre entre ces deux impératifs constitue un défi constant.
L’écrivain et analyste politique omanais Ahmed Al-Shezawi estime que les États du Golfe disposent d’outils diplomatiques efficaces pour influencer les différentes parties prenantes. Il a déclaré à BBC News Arabic que ces pays peuvent exercer une pression significative pour prévenir une escalade militaire contre l’Iran, notamment par la médiation, comme le sultanat d’Oman le fait régulièrement avec Téhéran.
« Si ces outils sont utilisés correctement, ils pourraient avoir un impact significatif sur l’apaisement des tensions entre Washington et Téhéran. »
Ahmed Al-Shezawi, écrivain et analyste politique omanais
La professeure Leila Nicola, spécialiste des relations internationales à l’Université libanaise, met en avant le poids économique des pays du Golfe et leurs investissements importants aux États-Unis comme des leviers d’influence. Elle souligne également l’importance de leurs relations avec d’autres puissances mondiales, comme la Chine.
Les pays du Golfe craignent particulièrement les conséquences d’un changement de régime en Iran. Ils redoutent l’émergence de groupes extrémistes ou de mouvements séparatistes qui pourraient déstabiliser la région. Ils préfèrent, selon plusieurs sources, une réforme progressive du régime iranien à son effondrement brutal.
Le chercheur saoudien Hisham Al-Ghannam, du Carnegie Middle East Center, estime que le régime iranien actuel, malgré ses défauts, est un régime dont les calculs sont prévisibles. Il met en garde contre les risques d’un chaos sécuritaire en cas de chute du régime, qui pourrait conduire à des conflits ethniques et sectaires et à des déplacements massifs de populations.
Les pays du Golfe sont également conscients de l’importance de maintenir la stabilité économique régionale, qui est essentielle à la réalisation de leurs projets de diversification économique. Une intervention militaire contre l’Iran pourrait compromettre ces efforts et plonger la région dans une crise prolongée.
source d’images, Getty Images
En conclusion, les pays du Golfe semblent privilégier une approche pragmatique, combinant alliance avec les États-Unis et dialogue avec l’Iran, afin de préserver la stabilité régionale et de protéger leurs intérêts économiques et sécuritaires.
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