Publié le 6 octobre 2025 à 08h03. Le ministre de l’Environnement et de l’Eau, Manol Genov, a dénoncé de graves irrégularités dans la construction de bâtiments sur des terres publiques, notamment des ravins et des cours d’eau, pointant du doigt un manque de contrôle et une irresponsabilité flagrante des investisseurs et des institutions.
- Des constructions illégales ont été identifiées sur des terres publiques, notamment des ravins et des cours d’eau.
- Le ministre Genov critique le manque de contrôle des institutions et l’irresponsabilité des investisseurs.
- Une enquête est en cours pour déterminer les responsabilités et les éventuelles sanctions.
Manol Genov a souligné que la loi est claire : il est interdit de construire sur des biens publics, en particulier sur des cours d’eau ou des ravins. Il s’interroge sur la manière dont ces constructions ont pu être autorisées, compte tenu du nombre d’organismes chargés de superviser de tels projets. « La question n’est pas de savoir s’il s’agit d’un dérivation ou d’une rivière, mais plutôt comment cette construction a été possible », a-t-il déclaré.
Selon les premières inspections, qui se poursuivent depuis 2015 suite à un signalement isolé, il n’existe qu’un seul projet déclaré pour la construction d’une station d’épuration dans le registre de l’inspection régionale de l’environnement. Le ministre a demandé un inventaire complet de tous les sites, qu’ils soient conformes ou non aux réglementations, et a exigé de savoir qui a délivré les permis de construire.
« Il s’agit d’un registre électronique, mais certaines informations sont encore conservées sur papier », a précisé Manol Genov. Il a donné un délai pour recevoir des informations détaillées sur tous les sites concernés.
Les inspections antérieures, remontant à 2015, avaient déjà révélé la présence de constructions illégales, notamment des attractions touristiques et un hôtel, sur des terrains inondables. « Et rien n’a été fait », a déploré le ministre.
Manol Genov a insisté sur le fait que l’identité du propriétaire est secondaire. « L’important, c’est l’irresponsabilité dont a fait preuve l’investisseur », a-t-il affirmé. Il a qualifié de « extrêmement irresponsable » le fait de construire sur des ravins, même partiellement recouverts. « Les institutions n’ont tout simplement pas fait leur travail », a-t-il ajouté.
« La nature se venge de la négligence, de l’irresponsabilité et de la cupidité qui se manifestaient autrefois chez ces investisseurs, qui recherchaient clairement le profit maximum. »
Manol Genov, Ministre de l’Environnement et de l’Eau
Le ministre a également souligné que « l’appât du gain et la cupidité des investisseurs ont conduit à ces victimes humaines ». Il a averti qu’il demanderait la démission de tout responsable actuel des institutions qui aurait fermé les yeux ou fait des compromis.
Dans les prochains jours, le ministre s’efforcera de clarifier la manière dont ces projets d’investissement ont été approuvés et mis en œuvre, et de déterminer comment des constructions ont pu être autorisées sur des terres publiques. Il examinera les rôles des directeurs des bassins versants, des inspections régionales et leurs communications avec les gouverneurs régionaux.
Interrogé sur la question de l’assurance des logements construits sur des zones à risque, le ministre a répondu qu’il serait intéressant de vérifier si ces propriétés sont bien assurées. « L’évaluation des risques relève finalement de la responsabilité de l’assureur », a-t-il précisé.
Manol Genov a également critiqué l’attitude de son prédécesseur, M. Denkov, qui, selon lui, minimise la responsabilité du gouvernement. « Il est curieux de voir M. Denkov prendre cette attitude, alors qu’il était Premier ministre et a été alerté à deux reprises… », a-t-il déclaré.
Le ministre a assuré qu’une attention particulière serait accordée au nettoyage des zones touchées, car « il existe une volonté politique » de le faire. Il a également affirmé que les fonds nécessaires seraient trouvés.
