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Marcher de cette façon réduit considérablement votre risque cardiaque

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 10:00:00. Une nouvelle étude britannique révèle que la façon dont nous répartissons notre activité physique quotidienne a un impact significatif sur notre santé cardiovasculaire, au même titre que le nombre total de pas effectués. Privilégier de longues marches plutôt que de courtes périodes d’activité pourrait réduire considérablement le risque de maladies cardiaques.

  • Les personnes qui concentrent leurs pas quotidiens (jusqu’à 8 000 par jour) en de longues marches présentent un risque de maladies cardiovasculaires inférieur d’environ deux tiers à celles qui les effectuent en courtes séquences.
  • La durée des périodes de marche influence également la mortalité : celles et ceux qui marchent longtemps ont un taux de décès significativement plus faible sur une décennie.
  • L’étude souligne l’importance de la réponse physiologique du corps à l’exercice continu, notamment l’élévation et le maintien de la fréquence cardiaque.

Une équipe de chercheurs britanniques a suivi pendant près de huit ans plus de 33 000 participants d’un âge moyen de 62 ans. Ces participants, dont l’activité physique quotidienne atteignait un maximum de 8 000 pas – un chiffre inférieur aux 10 000 pas souvent recommandés, mais néanmoins représentatif d’un effort physique notable – ont porté un tracker d’activité au poignet. Cet appareil a permis de mesurer précisément le moment et la manière dont ils bougeaient.

L’étude ne s’est pas limitée à compter le nombre total de pas. Elle a également analysé la façon dont ces pas étaient répartis au cours de la journée. Certains participants accumulaient leurs pas principalement par de courtes rafales de moins de cinq minutes, par exemple en se déplaçant dans la maison ou en allant chercher le courrier. D’autres, en revanche, privilégiaient des périodes de marche plus longues, de dix, quinze minutes, voire plus.

Une différence notable entre les deux groupes

Les résultats ont révélé une disparité frappante. Chez les personnes qui répartissaient leurs pas en courtes périodes de moins de cinq minutes, 13 % ont développé une maladie cardiovasculaire au cours de la période d’observation. En revanche, ce chiffre n’était que de 4,4 % pour celles et ceux qui effectuaient leurs pas en périodes plus longues de quinze minutes ou plus. Cela représente une réduction du risque d’environ deux tiers.

Le taux de mortalité différait également considérablement. Dans le groupe des marcheurs occasionnels, 4,4 % des participants sont décédés au cours des dix années suivant le début de l’étude, contre seulement 0,8 % dans le groupe des marcheurs réguliers et prolongés. Même les personnes qui regroupaient leurs pas en séquences de dix à quinze minutes bénéficiaient d’un risque significativement plus faible que celles qui ne marchaient que sur de courtes distances.

Pourquoi les longues marches sont-elles plus bénéfiques ?

Cette différence s’explique par la manière dont le cœur et les vaisseaux sanguins réagissent à l’exercice. Lorsque l’on marche ou que l’on court pendant une période prolongée, la fréquence cardiaque augmente et reste élevée pendant un certain temps. Les vaisseaux sanguins se dilatent, et la respiration devient plus profonde. Cette réponse physiologique constitue un véritable entraînement pour le système cardiovasculaire. En revanche, lorsque l’on marche sur de courtes distances, le corps n’a pas le temps de s’adapter pleinement avant que l’activité ne s’arrête.

Les limites de l’étude

Il est important de noter que les résultats de cette étude doivent être interprétés avec prudence. Il s’agit d’une étude observationnelle, ce qui signifie que les chercheurs ont simplement observé les habitudes des participants sans intervenir directement. Ils ne peuvent donc pas affirmer avec certitude que les longues marches sont la cause directe d’un risque moindre. Il est possible que les personnes qui marchent pendant de longues périodes aient également d’autres habitudes de vie plus saines, comme une alimentation équilibrée ou l’absence de tabagisme.

De plus, l’activité physique n’a été mesurée qu’une seule fois, au début de l’étude. Il est possible que les participants aient modifié leurs habitudes au fil des ans. Enfin, il existe un risque de causalité inverse : il se pourrait que des personnes déjà légèrement malades aient été moins capables de faire de longues marches et aient donc eu tendance à accumuler leurs pas par courtes séquences.

Source : Annales de médecine interne

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