Marks & Spencer a averti que les nouvelles règles douanières de l’UE, applicables dès le 1er juillet, pourraient nuire à ses activités en Irlande. Le détaillant britannique réclame une exemption pour le commerce entre le Royaume-Uni et l’Irlande afin d’éviter des frais de 3 € par article qui menacent la rentabilité de ses ventes en ligne.
Le nouveau calcul des frais pour les acheteurs en ligne

- Un droit de douane de 3 € par article importé.
- Des frais de gestion d’An Post pouvant atteindre 6,95 € par colis.
- Une charge de traitement supplémentaire d’environ 2 € introduite par la Commission européenne en novembre.
L’alerte de Marks & Spencer sur la viabilité de ses services
Le géant de la distribution britannique Marks & Spencer a averti que ces mesures pourraient compromettre sa présence sur le marché irlandais. L’entreprise, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 371 millions d’euros en Irlande pour l’année se terminant en mars 2025, a récemment investi 10 millions d’euros pour soutenir sa croissance locale.« Ces changements ajoutent des coûts et une complexité significatifs aux opérations de M&S en Irlande, ainsi qu’un impact sur les futures décisions d’investissement. »

« Nous accueillerions favorablement une exemption de minimis entre le Royaume-Uni et l’Irlande afin d’éviter des coûts inutiles pour les entreprises de vente au détail et les clients. »
Une porte-parole de M&S, via The Irish TimesLa réponse de l’UE face à l’essor de Temu et Shein
Cette décision réglementaire, initialement prévue pour 2028 mais accélérée par l’Union européenne, vise à freiner l’explosion des importations à très bas prix. En 2025, environ 4,6 milliards de colis sont entrés dans l’UE, dont plus de 90 % provenaient de Chine. Ces flux massifs, portés par des plateformes comme Temu ou Shein, posent des défis logistiques et de sécurité. La Commission européenne justifie cette rigueur par la nécessité de rétablir une concurrence équitable. L’institution souligne que la prolifération de produits bon marché crée une distorsion de marché pour les détaillants traditionnels qui respectent les normes de l’UE. À titre d’exemple, Temu a été sanctionnée par la Commission à hauteur de 200 millions d’euros en mai dernier pour la vente de produits dangereux.« Cela a créé une concurrence déloyale avec laquelle les détaillants traditionnels ne peuvent pas rivaliser. »

Les conséquences pour le pouvoir d’achat et le commerce
Si l’objectif est de protéger l’industrie européenne, les experts craignent que le consommateur final ne soit le principal perdant. Aidan Finnegan, directeur général adjoint de la British and Irish Chamber of Commerce, souligne que ces frais pourraient rendre le commerce en ligne « non viable pour certains détaillants ». L’impact sur le marché irlandais présente toutefois une nuance géographique importante. En vertu du cadre de Windsor, les échanges en ligne entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande ne sont pas affectés par ces nouvelles règles. Selon les autorités fiscales, « il n’y a aucun impact sur le commerce sur toute l’île ».| Pays / Région | Statut du seuil « de minimis » |
|---|---|
| Union européenne (Irlande) | Supprimé (frais de 3 € par article dès le 1er juillet) |
| Royaume-Uni | Prévu pour être supprimé en 2029 |
| États-Unis | Exemption déjà supprimée pour les produits chinois |
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