Publié le 23 octobre 2024 17h19. Après une flambée spectaculaire, le prix de l’or connaît actuellement une correction, une tendance que les experts attribuent à la prise de bénéfices des investisseurs, tout en soulignant un intérêt continu des banques centrales et des acheteurs physiques.
- Le prix de l’or a connu une augmentation de près de 60 % au cours de l’année écoulée, dont 14 % au cours des deux premières semaines d’octobre.
- Cette baisse actuelle est principalement due à la liquidation de positions par les investisseurs cherchant à réaliser leurs profits.
- Les banques centrales continuent d’accumuler des réserves d’or à un rythme sans précédent, remplaçant progressivement les titres d’État américains et européens.
La récente baisse du prix de l’or, après une année de forte croissance, est une réaction naturelle du marché, explique Max Baklayan, expert en commerce des métaux précieux.
« Il n’y a pas d’actif qui bouge si vite et si tête baissée qui ne nécessite pas de correction. »
Max Baklayan, expert en commerce des métaux précieux
Il précise que cette correction se manifeste principalement sur le marché papier, et non sur celui de l’or physique.
En effet, la demande pour l’or physique reste soutenue, voire en augmentation.
« Ce que nous observons, ce sont des prises de bénéfices sur le marché papier, mais pas sur le marché physique. »
Max Baklayan, expert en commerce des métaux précieux
Les banques centrales jouent un rôle crucial dans cette dynamique, accumulant des quantités record d’or d’investissement. Elles devraient dépasser les 1 000 tonnes (environ 32 150 kg) achetées cette année, marquant la cinquième année consécutive de telles acquisitions.
Depuis 2014, ces institutions financières ont progressivement délaissé les titres d’État américains et européens au profit de l’or. En 2024, l’or a même dépassé l’euro en termes de réserves de change, une première depuis près de 80 ans. La Banque Nationale de Bulgarie (BNB) a également contribué à cette tendance en acquérant 66 onces troy (environ 2,05 kg) d’or, qui seront stockées à la Banque Centrale Européenne (BCE).
Selon M. Baklayan, nous sommes actuellement dans une phase propice à l’investissement dans l’or, un « troisième fléau historique » pour ce métal précieux. Il anticipe une augmentation du prix de l’or plus rapide que l’inflation au cours des 5 à 10 prochaines années, assurant ainsi la préservation du pouvoir d’achat de l’épargne. Il conseille une approche d’investissement progressive et régulière pour minimiser les risques et maximiser les rendements à long terme.
Les tensions géopolitiques et économiques mondiales, notamment la démondialisation, le conflit sino-américain et les guerres commerciales et monétaires, sont des facteurs clés alimentant cette incertitude et stimulant la demande d’or. La Chine, en particulier, est devenue un acheteur majeur d’or d’investissement, réduisant progressivement ses investissements dans la dette américaine pour les remplacer par des avoirs aurifères. Cette situation pourrait contraindre les États-Unis à augmenter les taux d’intérêt sur leur dette, à trouver de nouveaux acheteurs, ou à recourir à des mesures d’inflation directe, ce qui pourrait avoir des conséquences néfastes sur l’économie américaine.
Concernant l’argent, M. Baklayan souligne son caractère plus industriel que monétaire, avec environ 70 % de la demande provenant de l’industrie et seulement 30 % des investissements. Il le considère néanmoins comme le « petit frère » de l’or, susceptible de rattraper et même de dépasser les gains de l’or lors d’une tendance haussière, mais également plus volatil en raison de sa capitalisation boursière plus faible. Récemment, l’argent a dépassé son niveau record de 50 dollars depuis 1980, mais il est également plus sensible aux corrections du marché de l’or.