Home Divertissement“Même dans les moments les plus sombres, il y avait tellement de luminosité aussi”

“Même dans les moments les plus sombres, il y avait tellement de luminosité aussi”

by Antoine Girard

Publié le 18 octobre 2025 10h00. L’autobiographie irlandaise « Pauvre » de Katriona O’Sullivan, témoignage poignant sur la pauvreté et la résilience, continue de captiver les lecteurs et de susciter des débats sur les inégalités sociales, devenant un phénomène culturel en Irlande et au-delà.

  • Le livre « Pauvre » a dominé les classements des ventes de livres de poche en Irlande pendant 72 semaines.
  • L’œuvre a été traduite en cinq langues et adaptée pour le théâtre par Sonya Kelly.
  • Katriona O’Sullivan, elle-même issue d’un milieu défavorisé, décrit son enfance marquée par la maltraitance, la dépendance et la précarité.

Katriona O’Sullivan ne cherche pas à masquer la dureté de son passé. Son livre, « Pauvre », est un récit brut et sans concession de son enfance à Coventry, en Angleterre, marquée par la pauvreté, la toxicomanie de ses parents et les violences. Née de parents irlandais aux prises avec une dépendance à l’héroïne, elle a été témoin de scènes difficiles dès son plus jeune âge, allant jusqu’à l’overdose de son père. L’école, pour elle, était souvent un refuge, un lieu où elle pouvait trouver de la nourriture et des soins.

Pourtant, « Pauvre » n’est pas uniquement un récit de souffrance. L’auteure met en lumière les petits gestes de gentillesse et d’empathie qui lui ont permis de surmonter les obstacles et de ne pas sombrer. Elle évoque notamment l’institutrice qui lui a offert des sous-vêtements propres et lui a appris les bases de l’hygiène, lui redonnant ainsi un sentiment de dignité. De même, un professeur d’anglais l’a encouragée à poursuivre ses études malgré sa grossesse adolescente.

« Tous les adultes qui ont réellement vu au-delà de la façon dont je me présentais au monde et ont investi en moi malgré ce que j’étais parfois », explique-t-elle, « ils ont fourni une bande-son différente de celle qui m’était jouée encore et encore, qui était : “Je ne suis pas bon. Personne ne t’aimera jamais. Tu échoues. Tu n’es pas très intelligent”. »

L’impact de ce livre est indéniable. Selon le détaillant Easons, « Pauvre » a occupé la première place des ventes de livres de poche en Irlande pendant 72 semaines. En 2025, l’œuvre a été traduite en cinq langues et a fait l’objet d’une adaptation théâtrale par Sonya Kelly, présentée en première mondiale au Dublin Theatre Festival. Pour Katriona O’Sullivan, ce livre est bien plus qu’une simple autobiographie : c’est un « document social » qui vise à remettre en question les inégalités et à donner une voix à ceux qui sont souvent réduits au silence.

« Je veux que les gens remettent réellement en question les inégalités lorsqu’ils lisent « Pauvre », penser aux enfants, à ce que nous devenons et à la façon dont nous sommes déçus. »

Katriona O’Sullivan, auteure

L’auteure, aujourd’hui chargée de cours en compétences numériques à l’université de Maynooth, souligne l’importance de la transparence et de l’authenticité. Elle explique qu’elle a toujours assumé son passé et qu’elle a suivi une thérapie pour pouvoir écrire ce livre sans se laisser submerger par les émotions.

« Je pense aussi que je suis vraiment reconnaissant. Et les gens sont choqués quand je dis cela. Je suis reconnaissant pour ma pauvreté. Je suis reconnaissant pour mon privilège. Être entendu est un cadeau pour un enfant – je me sentais tellement invisible, comme si personne n’avait remarqué ce qui m’arrivait, ou à nous. Donc, c’est un tel cadeau d’être entendu. »

Katriona O’Sullivan, auteure

Katriona O’Sullivan travaille déjà sur son prochain livre, intitulé « Affamé ». Elle espère que son travail continuera à inspirer le changement et à donner de l’espoir à ceux qui luttent contre la pauvreté et l’adversité. Elle évoque une métaphore de son amie Audrey, parlant d’une « lumière qui brille de nos pieds jusqu’à notre tête », parfois obscurcie par les difficultés, mais toujours présente.

Pour O’Sullivan, la naissance de son fils aîné, John, a été une source de motivation inépuisable. Elle souligne que, malgré les difficultés rencontrées en tant que mère, il lui a donné la force de toujours essayer de s’améliorer et de briser le cycle de la pauvreté pour les générations futures. Avec l’arrivée de son petit-fils, Axel, elle estime que ce cycle est désormais complètement rompu.

Une lettre d’Annmarie O’Connor — rédactrice invitée du « Weekend » de ce samedi

Annmarie O'Connor. Photo : Miki Barlok
Annmarie O’Connor. Photo : Miki Barlok

Il y a trois ans, j’ai partagé mon diagnostic de la maladie de Parkinson à début précoce avec l’Examinateur irlandais. Je ne savais pas à quel point ce moment était important ni comment il allait changer ma vie, mais je savais qu’il était plus grand que moi. C’était plus qu’un article sur la façon dont je vis ma vie avec la maladie de Parkinson. C’était une façon de changer quelque chose qui m’arrivait pour devenir le changement que je voulais voir.

Gemma Fullam explore le monde du design universel et rencontre les innovateurs qui rendent la vie quotidienne plus accessible. En voyage, Jillian Bolger passe en revue l’évasion la plus accessible d’Irlande, tandis qu’Aishling Moore et Darina Allen proposent des recettes nourrissantes et saines pour le cerveau pour inspirer votre table.

La vie nous amène des moments qui nous secouent jusqu’aux décombres et des moments qui nous invitent à reconstruire. Le choix nous appartient : masquer les fissures ou les laisser devenir une source d’inspiration. Comme nous le rappelle Leonard Cohen : « Il y a une fissure dans toute chose/C’est comme ça que la lumière entre. » J’espère que vous trouverez dans ces pages quelque chose qui allumera une étincelle pour vous.

Annmarie x

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